CHINATOWN - 1974

Titre VF CHINATOWN
Titre VO Chinatown
Année de réalisation 1974
Nationalité Etats-Unis
Durée 2h11
Genre THRILLER
Notation 16
Date de sortie en France 18/12/1974
Thème(s)
Détectives privés (Cinéma américain)
Chefs-d'oeuvre (Films noirs américains)
Egouts et canaux de dérivation ( Los Angeles)
Chinatown
Inceste (Cinéma américain)
Films noirs ( Cinéma américain)
Réalisateur(s)
POLANSKI Roman
Chef(s) Opérateur(s)
ALONZO John A.
Musique
GOLDSMITH Jerry
Renseignements complémentaires
Scénario : Robert Towne
Produit par Robert Evans .....
Distribution : C.I.C.

Visa d'exploitation : 43 240

Nota :

- Oscar du meilleur scénario 1974 .....
Acteurs
NICHOLSON Jack
DUNAWAY Faye
HUSTON John
LOPEZ Perry
HILLERMAN John
ZWERLING Darrell
LADD Diane
JENSON Roy
POLANSKI Roman
BAKALYAN Richard
MANTELL Joe
GLOVER Bruce
HINDS Nandu
O'REAR James
HONG James
FUJIKAWA Jerry
ROBERTS Roy
PALMER Belinda
KNAPP Charles
MARTINEZ Claudio
WARNICK Allan
YOUNG Burt
HARDING Elizabeth
ROGERS John (2)
ELLIOTT Cecil
JUSTIN George
ERICKSON Doc
HOWARD Rance
QUO Beulah
WILLINGHAM Noble
MONTGOMERY Elliott
BURR Fritzi
ROBERTO Federico
HOLLAND John
VINT Jesse
BURK Jim
ARNOLD Denny
JENKINS Paul
DE BROUX Lee
GOLDEN Bob
Résumé

Une sombre histoire de discrets pots-de-vin et d'obscures magouilles financières concernant la construction d'un barrage dans la région de Los Angeles (1937) avec en outre de sournoises expropriations et quelques conséquents cumuls d'achats de terrains. Durant son enquête, le détective privé, J.J. Gittes qui a eu vent de l'affaire après une banale histoire d'infidélité, va aller de surprise en surprise...

>>> Les tréfonds de la haute société américaine où l'intimidation, le meurtre et l'inceste banalisent les affaires et les rapports, brillamment décryptés par un metteur en scène au meilleur de son inspiration qui séduit toujours autant...

Bibliographie
- Fiche de Monsieur Cinéma
- Saison Cinématographique 1975
- Image et Son numéros 293, 402 bis
- Studio numéro 51
- Positif numéros 164,171
- Sight and Sound (synopsis)
- Ecran numéro 32
- Cinéma numéros 194, 289
- Cinématographe numéros 11 et 85
Critiques (Public)
Après des agitations extrêmement difficiles dans la vie de Polanski (qu'elles soient privées ou artistiques), Jack Nicholson propose au cinéaste de mettre en scène un scénario original de Robert Towne. Polanski va mettre tout son talent iconoclaste et sa force dérangeante dans une réincarnation du film noir, avec la puissance de la couleur. Avec cette oeuvre, il va y avoir une nouvelle étape dans la définition du film noir. Polanski va proposer un modèle qui rend bellement hommage à un genre prolifique tout en le transcendant d'un bout à l'autre. Il va apporter une intrigue déjà noire dans la chaude lumière californienne, tout en prolongeant une vision vertigineuse de la pourriture humaine, avec une panoplie terrifiante de toutes sortes de violences imaginables. On part d'une petite affaire de trafic d'eau pour que l'on se retrouve en face d'histoires de crimes sordides, psychanalytiquement éprouvants. La mise en scène s'approprie chaque séquence pour nous amener à la découverte d'un monde infernal, ce qui rapproche finalement le genre des grandes préoccupations du cinéaste depuis le début de sa carrière. Une autre originalité que le film porte est celle qui est d'ordre de la mise en abîme de la violence sanglante : le personnage de Gittes se fait régler son compte par des gangsters (une récurrente dans le genre), mais le truand qui le fait saigner est interprété par Roman Polanski et l'on peut y voir une volonté de contrôle sur le protagoniste de son histoire. En "saignant" son comédien, Polanski se substitue au morceau de sparadrap que portera le détective tout au long de son métrage, faisant apparaître ainsi une présence omnisciente et démiurge. "Chinatown" est donc une peinture fine et subtile des maux d'un monde déréglé, que seul le Créateur, par le biais du cinéma, peut contrôler. Marqué par une fatalité coutumière du genre, le film est porté par une interprétation magistrale, une violence sèche et abrupte, une mise en scène et une photographie en adéquation totale et une narration dense, puissante, délétère, harmonieuse et scandée d'éclats poétiques. Chef-d'oeuvre !!! GTT