UNE FEMME EST UNE FEMME - 1960

Titre VF UNE FEMME EST UNE FEMME
Titre VO La donna e donna
Année de réalisation 1960
Nationalité France / Italie
Durée 1h20
Genre COMEDIE DRAMATIQUE
Notation 14
Date de sortie en France 06/09/1961
Thème(s)
Juke-boxes (tous pays confondus)
Réalisateur(s)
GODARD Jean-Luc
Chef(s) Opérateur(s)
COUTARD Raoul
Musique
AZNAVOUR Charles LEGRAND Michel
Renseignements complémentaires
Scénario et adaptation : Jean-Luc Godard
d'après une idée de Geneviève Cluny .....
Distribution : Shelltrie Distribution

Visa d'exploitation : 23 572

Nota :

- Prix d'Interprétation Féminine pour Anna Karina au Festival de Berlin 1961 .....
Acteurs
KARINA Anna
BRIALY Jean-Claude
BELMONDO Jean-Paul
PAQUIN Nicole
MENZER Ernest
MOREAU Jeanne
DUBOIS Marie
SARRAUT Marion
SANDRE Gisèle
DEMONGEOT Catherine
BLANCK Dorothée
ZARDI Dominique
BALM Karyn
ATTAL Henri
Résumé

Une femme désire avoir un enfant de son amant libraire qui prétexte des moyens financiers médiocres pour refuser. Elle lui propose de choisir leur meilleur ami pour le rôle de géniteur .....

Bibliographie
- Télérama numéros 575 et 610
- Cahiers du Cinéma numéro 125
- Cinéma 61 numéro 60
- Télé-Ciné numéro 99
- Image et Son numéro 145
- Fiche de Monsieur Cinéma
- Saison Cinématographique 1962



Critiques (Public)
Bienvenue dans le nouveau monde cinématographique, celui qui filme les marchés et les visages des anonymes dans la rue, encourageant de larges mouvements sur un immense balcon d'une fenêtre à l'autre, déliant les langues dans des dialogues déstructurés, respectant l'oreille en lui offrant intégralement la douce musique d'un titre légendaire de Charles Aznavour, faisant de Jeanne Moreau l'apparition que d'un seul mot "Moderato". Cette véritable Porte Saint-Martin, filmée d'en haut, envoie à la benne Alexandre Trauner et son gigantisme architectural, reconstituée naguère en studio. "Tu te laisses aller" cela pourrait servir de sous-titre à ce film aux concepts extrêmement neufs où Emile fait du vélo dans son appartement sous les toits. Ses apparitions épisodiques, dans ce petit nid sous les étoiles, assurent une refonte des sentiments qui deviennent libres, Angela et Emile s'aiment tout en valorisant un ailleurs, rythmant les pulsions de leurs existences. Nous sommes dans le royaume de l'oisiveté et de la patience, les scènes prennent le temps de se faire aimer en se dupliquant. Angela affublée d'une lampe de nuit se laisse véhiculer par le mouvement répétitif, dominante de ce courant nouvelle vague, envoyant au diable le comédien d'antan crispé dans ses marques. Le dialogue est volontairement incohérent, la musique forte et folle de Michel Legrand habille d'une seconde peau ce film où il est impératif d'avoir un regard neuf sur une conception que l'on peut comparer scientifiquement aux idées d'Einstein, par rapport à celle de Galilée, tout est nouveau, surprenant, irritant parfois. Une amicale pensée est distillée à François Truffaut par Marie Dubois, mimant adroitement "Tirez sur le pianiste". La caméra de Raoul Coutard, indispensable au nouveau règne du décor naturel, donne une confortable liberté aux comédiens. Jean-Luc Godard impose sa loi, son propre style, plusieurs films seront nécessaires afin de glaner un public devant ramer pour comprendre les méandres intellectuels du maître, sans claquer la porte. Tout ceci ressemble à un esthétisme cérébral révélateur, un concept visuel et verbal novateur exterminant le courant cinématographique d'antan. Jean Luc Godard se hisse sur les épaules de René Clair et soudain l'horizon parait plus éloigné. "Angela tu es infâme, mais non, je ne suis pas infâme, je suis une femme". JIPI