LES SURPRISES DE LA T.S.F. - 1926

Titre VF LES SURPRISES DE LA T.S.F.
Titre VO So this is Paris
Année de réalisation 1926
Nationalité Etats-Unis
Durée 1h17
Genre COMEDIE
Notation 18
Date de sortie en France
Thème(s)
Rêves et cauchemars (Cinéma américain)
Radios (Cinéma américain)
Taxis (Cinéma américain)
Chefs-d'oeuvre (Comédie américaine)
Bals et dancings (tous pays confondus)
Alcoolisme et autres beuveries (Cinéma américain)
Réalisateur(s)
LUBITSCH Ernst
Chef(s) Opérateur(s)
MESCALL John
Musique
Renseignements complémentaires
Scénario : Hanns Kroely
d'après la pièce de Meilhac
et Halevy : "Réveillon" .....
Distribution : Warner Bros
Acteurs
BLUE Monte
MILLER Patsy Ruth
BERANGER George André
TASHMAN Lilyan
BARWYN Max
D'ALBROOK Sidney
LOY Myrna
BOWE George
FARLEY Dot
Résumé

Georgette et Maurice Lalle répètent opiniâtrement, dans une pièce de leur vaste appartement, un vague et studieux ballet de leur composition, à connotation lourdement orientale, aux appuyées et démonstratives simagrées gestuelles, entre ridicule inconscient et médiocre parodie involontaire. Au même moment, dans un autre appartement, dans l'immeuble en face, Suzanne Giraud, qui vient de terminer un sirupeux roman à l'eau de rose, dont l'histoire s'est déroulée dans la lointaine Asie, aux temps des sultans et des califes, aperçoit de par sa fenêtre, la tête enturbannée de Maurice Lalle, incarnation vivante de son sheik littéraire et se met à rêver, soupirante et troublée. C'est dans cet état de semi-pâmoison, charmée et conquise, scotchée à la fenêtre, que la découvre son mari Paul, qui en bon médecin subodore quelques fièvres soudaines et malignes. Lorsqu'il aperçoit, lui aussi, le plutôt dénudé personnage gesticulant à qui mieux mieux son toujours arabique rôle princier, inconscient de l'intérêt et de la curiosité qu'il suscite, l'époux soupçonne sa tendre moitié de quelques libidineux penchants coupables. Mais madame est prompte à l'esquive et, jouant la prude indignée, demande à son mari de se rendre immédiatement chez l'outrageant exhibitionniste pour le rouer de coups et de reproches. C'est donc avec détermination et promptitude, muni d'une solide canne, que Paul Giraud s'en vient sonner chez Maurice Lalle. Quelle n'est pas son inattendue surprise et son étonnement ravi de retrouver en Georgette Lalle, une ancienne et ravissante maîtresse...

>>> Un festival Ernst Lubitsch, habilement charpenté sur la solide grammaire théâtrale de la farce, avec ses imparables quiproquos, ses subtils sous-entendus et ses délicieux impairs, entre facétieuse intrigue sentimentale et ravissante comédie de moeurs qui ne compte pas moins de cent dix-huit portes ou fenêtres, franchies (réellement ou par le regard) par les différents protagonistes, en verve et en vrac...
© Cinéfiches.com (Jean-Claude Fischer)

Bibliographie
- Le Canard Enchaîné du 21 décembre 2011
Critiques (Public)
19/20 : Toujours sur le thème de la tentation d'esquiver la routine matrimoniale guettant l'individu normalement constitué. Ici par la fenêtre de deux appartements en vis-à-vis. Des alarmes de part et d'autre... Une amorce de tangentes mutuelles ponctuée de traversées de rues. On a bien les expressions typiques des films muets de Lubitsch, Blue Monte irrésistible campant l'un des deux hommes avec ce flegme apte à neutraliser les bévues à grandes rasades de scènes rigolardes. Toujours le mythe du médecin pour corser l'ambiguïté de la relation féminine une fois démystifiée la question médicale... Les grandes portes ouvertes et fermées sont au rendez-vous. Sont également croquées l'ivresse et la danse en surimpressions savantes en veux-tu en voilà, gargarismes d'images au ras du dérapage sauvé par la notion de solitude des êtres où qu'ils se trouvent... Ainsi n'apparaît pas mieux loti le mâle émoustillé par une possible conquête comparé à celle qui se contente d'écouter la radio at home, ses pieds attestant d'une félicité évidente. Le concert radiodiffusé, sous la houlette d' un chef d'orchestre déhanché à souhait, révèle au spectateur un conjoint ivre-mort et une voisine un peu girouette... Grande réflexion sur les espoirs vains du dehors et les bienfaits du repli tant que l'imagination est stimulée, heureuse époque où la télé formatée comme en 2012 n'existait pas ! Un Lubitsch muet qui déride jeunes et moins jeunes en garantissant de remplir les salles ! L.Ventriloque