MON CHER PETIT VILLAGE - 1985

Titre VF MON CHER PETIT VILLAGE
Titre VO Vesnicko ma strediskova
Année de réalisation 1985
Nationalité Tchécoslovaquie
Durée 1h38
Genre COMEDIE DRAMATIQUE
Notation 17
Date de sortie en France 01/07/1987
Thème(s)
Pigeons voyageurs (tous pays confondus)
Fêtes foraines et parcs d'attractions (Autres pays)
Moissons et fenaisons (tous pays confondus)
Orphelins (Autres pays)
Enterrements
Peintres, peinture et tableaux (Cinéma tchèque)
Milieu médical (Cinéma tchèque)
Cimetières (tous pays confondus)
Camions et camionnettes (tous pays confondus)
Handicapés mentaux (tous pays confondus)
Aéroports (et / ou) aviation civile (Autres pays)
Cinéma tchèque (ORIGINE)
Festival International du Film d'Humour de Chamrousse (Grand Prix)
Prix "Cinéfiches" des meilleures interprétations
Vétérinaires (tous pays confondus)
Réalisateur(s)
MENZEL Jiri
Chef(s) Opérateur(s)
SOFR Jaromir
Musique
SUST Jiri
Renseignements complémentaires
Scénario : Zdenek Sverak
Distribution : Les Films Cosmos

Visa d'exploitation : 65 967

Distribution DVD : Malavida

Il comprend en bonus :

- Une analyse par Romain Le Vern et Anne-Laure Brénéol (12 minutes)

- Un dossier pédagogique conçu par RCA - Contreplongée (20 pages)


Nota :

- Grand Prix, Festival de Chamrousse 1987

- Prix du Jury et Prix Oecuménique, Festival de Montréal 1986

- Grand Prix, Festival d'Aurillac 1986

- Prix "Cinéfiches" (Meilleure Interprétation) pour Janos Ban .....

- Meilleur acteur pour Janos Ban, Festival de Paris 1987

Acteurs
BAN Janos
LABUDA Marian
VLACH Oldrich
DVORSKA Milena
ZUPANIC Ladislav
HRUSINSKY Rudolf S.
CEPEK Petr
ZUPANIC Ladislav
HARTL Jan
SAFRANKOVA Libuse
JEGOROV Evzen
HRUSINSKY Rudolf (junior) 3
SVERAK Zdenek
STIBICH Miloslav
AUBRECHT Stanislav
SEBESTOVA Magda
SOMR Josef
SATINSKY Julius
VLACIL Frantisek
JEZKOVA Milada
LIR Jiri
ASTEROVA Jitka
SCHMITZER Jiri
LORMANOVA Blanka
VLKOKA Vera
HRUSINSKY Rudolf 4
VANKOVA Janna
BRUKNER Petr
MYSLIKOVA Mila
HRABETA Jan
HANAKOVA Jana
STEINDLER Milan
POLLERTOVA Klara
BURIANOVA Zuzana
SKALSKA Vida
KASPAR Jan
JELINKOVA Vlasta
HAJNA D.
FISEROVA A.
HRABANEK Vladimir
Résumé
                                                                      Chroniques moraves du bonheur

Qu'il vente ou qu'il neige, été comme hiver, ainsi qu'un sagace et ponctuel métronome, l'enveloppé et bougon Pavek s'en vient chaque matin, depuis cinq ans déjà, allure martiale et coup de sifflet autoritaire, prendre au passage son jeune aide Otik, grande perche dégingandée, orphelin un peu simplet qui l'accompagne dans ses quotidiens déplacements professionnels. En effet, nos deux compères livrent avec leur imposant camion bleu océan, sable, ciment, luzerne, aux alentours, sous les directives quinquennales d'un vague plan local (à moins que ce soit le contraire) de l'omniprésente coopérative agricole. Mais le brave garçon, au constant sourire chevalin, débordant de serviabilité et de gentillesse, est en fait une véritable charge pour le bourru Pavek, essentiellement à cause de son irrépressible gaucherie et de sa naturelle et catastrophique innocence. C'est d'ailleurs après une énième bévue (un pilotage fort approximatif occasionnant la chute d'un poteau chez un client pointilleux) que son mentor prend la résolution de se séparer de son cafouilleux assistant, dès la fin de la saison des moissons. Décision sévère qui arrange d'ailleurs bien du monde : pour commencer le jeune vétérinaire de la région qui utilisait la maison d'Otik pour ses illicites amours adultérines avec l'affriolante Turkova, mais aussi l'arrogant directeur du département "Bois et Plaques", vague cadre praguois à la suffisance affichée, en recherche d'une discrète et abordable résidence secondaire...

>>> Merveilleuse petite chronique villageoise qui nous décrit avec un papillonnant regard aigre-doux le quotidien de quelques habitants emblématiques d'une faussement idyllique bourgade de Bohême, avec son placide et bucolique médecin poète, aux hasardeuses déambulations automobiles, alcoolique et rimbaldien à ses heures, l'éternel mari jaloux et trompé qui essaime ses soupçons à tort et à travers, l'adolescent pubère et rêveur, amoureux transi de l'institutrice qui lui préfère un philosophe peintre de passage et surtout, l'incontournable Otik Rakosnik, "l'idiot du village" avec son impossible casque stéréophonique pour aplatir ses volumineuses oreilles. Un petit chef-d'oeuvre d'humour et de tendresse, véritable clin d'oeil respectueux à Jacques Tati et surtout au duo Laurel et Hardy, qui n'oublie pas d'égratigner au passage la fameuse normalisation soviétique du pays, d'un subtil metteur en scène tchèque qui nous avait déjà fortement enchanté avec ses dramatiques "TRAINS ETROITEMENT SURVEILLES" qui lui permirent quelques élogieuses et solides reconnaissances internationales...
© Cinéfiches.com (Jean-Claude Fischer)

Bibliographie
- Télérama numéro 1955
- Cinéma numéros 368, 370, 405
- Contreplongée (octobre 1989)
- Fiche du Cinéma numéro 926
- Positif numéros 305/306, 313, 319
- La Revue du Cinéma numéro 429
- Saison Cinématographique 1987

Critiques (Public)
19/20 : Découvert cette perle de 1985 en janvier 2009 grâce au dvd. Que de fraîcheur ! Que de bonne humeur (d'une veine comparable à "Pleure pas la bouche pleine" de Pascal Thomas ou à "Chant des Mers du Sud" de Marat Sarulu) !... Si le réalisateur emprunte d'abord à Tati le climat villageois bon enfant, à Laurel et Hardy la complémentarité de deux silhouettes contrastées, ses deux personnages affichent un plus : le petit gros est un artisan bourru, tuteur du grand maigre "retardé", un être qui attire d'emblée la sympathie car ça chauffe pour ses oreilles, délocalisation à Prague en vue : fort heureusement les figures locales, laborieuses autant que débonnaires, pèsent sur les décisions ! Peinture de la Tchécoslovaquie sous la bureaucratie soviétique (la santé communautaire fait qu'on se prendrait à regretter les changements politiques advenus depuis) : charmant village avec cimetière au ras du jardin où on se rince souvent la cloison l'après-midi en dégustant quelque grillade... Les travers sociaux universels sont abordés avec minutie, la mise en scène joue sur plusieurs tableaux (la nouvelle de l'adultère sur fond de télé et maquette de bateau !). Des dialogues d'une grande saveur, une sensualité pleine de joie du fait des entraves. Bien capter les petites intrigues car elles s'inscrivent dans un fil narratif sinueux mais précis. Beaucoup de poésie "couleur locale" aussi (je pense à ce "Dormeur du Val" de Rimbaud ânonné par le médecin, et quel médecin !...). Un beau voyage dans une dérision de tous les instants, quelques allusions à la grande ville, et retour immédiat vers les aléas de la technique, les merveilles de la vie champêtre. La musique est sur mesure, toujours entre Marche de Radetzki et fête foraine, plane aussi un brin de romantisme allemand... Dans ce milieu préservé, tout de suite familier au spectateur, la philosophie fait songer à Marcel Pagnol le méridional. Plusieurs sources d'inspiration font la richesse globale. Pour les réfractaires à la démesure de certains cinéastes de l'est, on est dans une forme d'absurde, mais les excès ne franchissent jamais la ligne jaune ici... Vraiment dommage que ce morceau de roi, antidote puissant à la morosité collective, ne puisse ressortir en France à nouveau sur grand écran ! L.Ventriloque