TAXI DRIVER - 1975

Titre VF TAXI DRIVER
Titre VO Taxi driver
Année de réalisation 1975
Nationalité Etats-Unis
Durée 1h54
Genre DRAME
Notation 17
Date de sortie en France 02/06/1976
Thème(s)
Insomnie ( tous pays confondus)
Tueurs psychopathes (Cinéma américain)
Taxis (Cinéma américain)
Prostitution (Cinéma américain)
Elections
Billard (tous pays confondus)
Réalisateur(s)
SCORSESE Martin
Chef(s) Opérateur(s)
CHAPMAN Michael
Musique
HERRMANN Bernard
Renseignements complémentaires
Scénario : Paul Schrader .....
Distribution : Warner Columbia

Visa d'exploitation : 45 917

Nota :

- Palme d'or Festival de Cannes 1976

- Le film est dédié à Bernard Herrmann, décédé le 24 décembre 1975 .....
Acteurs
DE NIRO Robert
FOSTER Jodie
ABBOTT Diahnne
BOYLE Peter
HIGGS Richard
KEITEL Harvey
SHEPHERD Cybill
BROOKS Albert
SPINELL Joe
HARRIS Leonard
ADU Frank
ARGO Victor
ARDITO Gino
AVERY Garth
COHN Harry
CUNNINGHAM Copper
DICKSON Brenda
FISCHLER Harry
GRANT Nat
PRINCE Steven
MOSTON Murray
SCORSESE Martin
NORTHUP Harry
PETERS George J.
MAGARO Polli
MAGNOTTA Victor
SCHIAVELLI Vincent
MAROFF Bob
MATLOCK Norman
MINKIN Bill
PALMA Gene
POE Carey
UTT Robin
SAVAGE Peter
SHIELDS Robert
SINGLETON Ralph
TURNER Maria
Résumé

Travis Bickle est chauffeur de taxi à New York qu'il parcourt chaque nuit, au volant de son véhicule. Le jour, il griffonne un vague journal où son obsédant besoin d'affirmation revient en d'incessants leitmotivs. Travis Bickle est un ancien du Vietnam qui se dope aux tranquillisants et aux stimulants, selon son état. Un jour, il décide de se faire connaître et projette d'abattre un candidat à la plus haute fonction élective...

>>> Une oeuvre noire et pessimiste dans un New York apocalyptique, avec un De Niro époustouflant de réalisme et de folie, qui pourrait être le meilleur film du cinéaste...

Bibliographie
- "Trente ans au cinéma" d'Alberto Moravia
- Sight and Sound (synopsis)
- Studio numéro 37
- Cahiers du Cinéma numéros 268/269
- Télérama numéros 1377, 2248, 2308, 2138
- L'Express Cahiers 27/1994
- Le Point numéro 1172
- Cinématographe numéros 19, 123
- Ecran numéros 49, 54
- Image et Son numéros 306, 460
- Saison cinématographique 1976
- Positif numéros 183/184, 187, 199
- Positif HS. mai 2007
Critiques (Public)
Bon résumé dans l'ensemble, mais peut-être faudrait-il tenir compte de ces faits autres que de se droguer où la vision pessimiste est déjà bien prononcée .....

Je ne suis pas d'accord avec la critique avant la mienne ; j'ai adoré ce film ... mais le fait qu'il soit sombre vient du réalisateur Martin Scorsese qui souligne tout le temps la dureté de la vie et c'est pour çà que Robert de Niro est "l'abandonné de Dieu" .....

"Taxi Driver" est la remarquable montée en puissance d'un esprit privé de repères et de sommeil passant d'un voyeurisme détaché à une prise de conscience déterminée suite à la vision d'une mégapole en perdition. Dans un premier temps, il s'agit de se divertir de nuit, en analysant une faune locale rude et pervertie, manquant complètement de sensibilités ou de morales, sur un site dominé par la violence et la perversion. De quoi perdre une raison déjà bien entamée, devant tout ses clichés brisant lentement le seuil de tolérance d'un dragueur un peu lourd, excédé par les excès de contemporains programmés pour pousser une conscience dérangée vers la destruction. "Taxi driver" est un opus sanguinaire et punitif envers une mégapole apocalyptique, nettoyée par un de ses composants devenu sans contrôle. JIPI


Tout d'abord, le montage du film, ainsi que la structure du récit, se basent sur l'accumulation ou juxtaposition des situations, effectivement. Cependant, les enchaînements de séquence montrent une volonté de lenteur sans cesse menacée par la rapidité de l'agissement. Agissement dans son sens propre, celui de la concrétisation d'une violence retenue quasiment sans cesse. Du coup, je ne conçois pas cet aspect "brut de décoffrage" évoqué... Dans la cohérence du parcours de Bickle réside beaucoup de situations qui semblent incohérentes entre elles mais qui désignent inévitablement le résultat d'une addition singulière, rendue plus tangible par la totale subjectivité de cet antihéros tellement connecté par les maux d'une ville tentaculaire. Le film devient réellement organique dans son utilisation de la lumière (qu'elle soit nocturne ou diurne), dans ses décors glauques d'appartement, de couloirs, de chambres proxénètes, mais pas nécessairement dans son montage... Les liaisons entre les séquences sont travaillées pour que l'on ressente, je pense, un sentiment déconcertant, navigant entre plusieurs rencontres proposant chacunes une des failles de l'être humain. Tout ceci rendant vastes les péripéties plus ou moins psychologiques que contient la voie de Travis... Mais le caractère du carnage final témoigne que tout ceci forme irrémédiablement un tout, et le fait que cela se traduit autant par un mari trompé, une prostituée, une déception amoureuse ou le traumatisme vietnamien rendent le film beaucoup plus fort, intéressant et toujours complexe... Et puis, il ne faut pas oublier que le tableau "manichéen" est surtout le point de vue déformé par la psychose d'un personnage tout sauf net, quasiment fascisant, raciste, asocial, pas très intelligent, insomniaque et expéditif. Le "manichéisme" est relatif car il se définit que par ce que le personnage voie ou ressent. Or le spectateur peut se détacher de ce personnage pour comprendre ses faits, ses gestes et ce qu'il pense des autres gens qu'il croise. Ainsi la notion du Bien et du Mal est ce qui fait la moelle de Travis Bickle... Pas simplement et seulement un discours sur la folie, mais sur les maux de l'Amérique influençant des êtres aux contours ambigus, à la recherche de rédemption ou étalant une sorte de parcours de martyr et/ou christique, même si Travis est à la fois martyr et bourreau. La peinture des affres du protagoniste ne se réduit pas, à mon humble avis, qu'à une accumulation... C'est aussi la peinture d'un être solitaire, où la thématique antonionienne (une influence indéniable de Scorsese) de l'incommunicabilité trouve une sorte de modèle de caractérisation et que chaque tranche de vie montrée de Bickle montrée dans le film est aussi une vision kaléidoscopique d'une certaine culture, mais constamment "décalée" par les yeux du Taxi Driver... Dans les accumulations, il y a des choix de mise en scène qui n'appartiennent plus à la subjectivité du héros. Je prends comme exemple la séquence où Bickle téléphone à Betsy pour s'excuser et tenter de la revoir : dans la subjectivité du héros, on prend un des "motifs", pour reprendre ton terme, qui consiste à voir la frustration directe du personnage (la déception amoureuse se construit concrètement), la mise en scène de Scorsese est focalisée assez souvent sur son personnage, sur ce qu'il voit, ce qu'il ressent. Or, pendant cet appel, la caméra décide de se déplacer dans un intrigant travelling latéral gauche-droite qui se finit dans un couloir pendant de longues secondes. Non seulement, la mise en scène s'éloigne, comme par pudeur, à ce moment de pathétique pour montrer visuellement l'aire de solitude dans lequel se trouve Bickle, mais elle anticipe le parcours du héros dans ce volume spatial pour montrer son fourvoiement... Avec des moments comme ce dernier, je ne vois pas très bien une simple accumulation de motifs. Il y a donc quelques variations dans ce film, à tel point qu'il se définit également par des sursauts visuels et/ou narratifs (la séquence de danse entre Sport et Iris, la séquence centrale de la "légitime défense" dans l'épicerie). C'est un récit quand même déstructuré qui fonctionne comme une mosaïque ou plutôt un puzzle tentaculaire et qui ne souffre pas, à mes yeux, d'une forme superficielle et mécanique, mais qui atteint son pouvoir d'évocation par l'ambiguïté d'identification que l'on éprouve pour Bickle, mais également par ses déviations soudaines et impromptues, qui s'ajoutent à l'addition de motifs amenant à la catharsis, dans laquelle se suit une fin qui a déjà donné de nombreuses interprétations totalement différentes... GTT

C'est l'histoire d'un type hyper sensé (trop peut-être mais on peut imaginer que l'expérience de la guerre éclaircit le paysage et suscite des priorités ?) qui fait face à une société enbrumée, inconsciente, qui finit par lui donner raison de façon erronée et mécanique. De Niro est superbe et Jodie Foster si jeune (13 ans). J'ai été surpris de ne pas voir le cliché répandu de la dérive psychologique d'un vétéran du Vietnam. À moins que la fin ne soit totalement fantasmée par Travis... C'est d'ailleurs cette ambiguité qui rend le film trouble.