LES TEMPS MODERNES - 1935

Titre VF LES TEMPS MODERNES
Titre VO Modern times
Année de réalisation 1935
Nationalité Etats-Unis
Durée 1h25
Genre BURLESQUE
Notation 19
Date de sortie en France
Thème(s)
Burlesques (Cinéma américain) longs métrages
Milieu ouvrier (Cinéma américain)
Patins, planches à roulettes et autres skate-boards .....
Réalisateur(s)
CHAPLIN Charles
Chef(s) Opérateur(s)
TOTHEROH Rollie MORGAN Ira H.
Musique
CHAPLIN Charles
Renseignements complémentaires
Scénario et production : Charles Chaplin
Henry Bergman était assistant à la réalisation
Distribution : Artistes Associés

Visa d'exploitation : 16 028
Acteurs
CHAPLIN Charles
GODDARD Paulette
BERGMAN Henry
SANDFORD Tiny
RAND John
MANN Hank
GARCIA Al Ernest
ALEXANDER Dick
CONKLIN Heinie
LUCAS Wilfred
CONKLIN Chester
BLYSTONE Stanley
REYNOLDS Cecil
INGRAHAM Lloyd
NATHEAUX Louis
MAC QUARRIE Murdock
LE SAINT Edward
MORAN Frank
MALTESTA Fred
STEIN Sammy
OLIVER Ted
KIMBALL Edward
JAMES Walter
MAC KINNEY Mira
SUTTON Juana
Résumé

Parmi d'autres travailleurs/moutons, notre brave Charlot se rend à son labeur où durant des heures, il va répéter le même geste "a-créatif" et mécanique. Puis, il va tester une démentielle machine qui permet de supprimer la pause méridienne. En effet, l'ouvrier pourra prendre son repas tout en continuant son lancinant travail. Cela va le mener tout droit à l'asile. A sa sortie, il rencontrera une pauvre gamine, tout aussi perdue que lui et les aventures vont s'enchaîner à un rythme bienvenu et soutenu...

>>> Attention chef-d'oeuvre !

Bibliographie
- Fiche de Monsieur Cinéma
- Fiche Vox numéro 41
- Radio-Cinéma numéro 461
- Télérama numéros 1139, 1148
- Télé-Ciné numéros 174, 175
- Cinéma 72 numéro 162
- Contreplongée
- Cinématographe numéro 93
- Cinéma numéros 1, 62, 162, 241, 298
- Ecran numéro 9
- Image et Son numéros 77, 100, 257
- Saison Cinématographique 1972
- Positif numéros 152/153
- Positif numéros 545/546
- Pour Vous numéros 328,362,382,383,386,387,388,390,395,396,422
Critiques (Public)
Euh... quelqu'un ne sait-il pas encore que ce film de Chaplin est un trésor du cinéma mondial ? Chaplin y décrit un monde mécanisé où le grain de sable, c'est l'homme. Et il le fait avec une telle grâce poétique et une telle invention burlesque, que "Les Temps modernes", âgé de presque 70 ans, enterre toute considération entre vieux et nouveau cinéma.

En ces années 30, la crise économique est bien présente, l’ouvrier se révolte par un seuil de tolérance dépassé. Une folie passagère destructrice trop longtemps contenue s’active subitement. Cette danse de pantins robotisés, dans ces immenses salles de production froides et hiérarchisées, ne convient pas à cet homme bon, sensible victime d’une époque impitoyable où les difficultés de l’existence ne sont porteuses que de taches avilissantes. Les engrenages démentiels de cette usine fabriquent des produits anonymes, absurdité d’une société épuisant ses éléments en les employant par un abus de pouvoir, comme des matricules n’ayant aucune question à poser sur les raisons de leurs transpirations. La saccade des mouvements répétitifs sur la chaîne dénonce une productivité imbécile, drivée par un patron sans coeur, manipulant ses employés à l’aide d’une image projetée sur un écran géant. Les ordres monocordes d’exécution fusent et déclenchent une aliénation manuelle quotidienne, dans une suite de mouvements dégradants, définis à perpétuité. L’ouvrier évacué de cet enfer découvre l’univers impitoyable de la rue où la seule note positive est cette gamine pleine de vie s'adaptant à l’air du temps. L’ouvrier et la gamine se rencontrent, rêvent à des jours meilleurs qu’il faut parfois mimer devant une maison où de rares privilégiés ont une chaleur de vivre qu’ils ne partagent pas. "Les temps modernes" dénoncent l’enfermement que choisit volontairement l’ouvrier sédentarisé par l'usine et la prison. La rue est un enfer, le danger omniprésent, au début sans but précis, cet homme n’a aucune raison de combattre à l'air libre. Une rencontre inespérée redonne le goût de l’espace et de la construction d’un avenir. L’intuition instinctive revient au galop, le monde s'ouvre devant le potentiel de deux coeurs miraculeusement indemnes. Ce couple allégorique, image d’une rose sur un tas de fumier, entretient toute la détermination de l’amour résistant dans un contexte dont les valeurs ont été mises en miettes par la crise économique. Ces deux-là s’aiment, peu importe si le monde est dur, ils feront face. JIPI