PORTRAIT DES HOMMES QUI SE BRANLENT - 1995

Titre VF PORTRAIT DES HOMMES QUI SE BRANLENT
Titre VO
Année de réalisation 1995
Nationalité France
Durée 0h06
Genre COURT METRAGE
Notation 17
Date de sortie en France
Thème(s)
Courts métrages (Cinéma français)
Films érotiques ou pornographiques (Cinéma français)
Masturbation .....
Boulogne ( Bois de)
Réalisateur(s)
RAVALEC Vincent
Chef(s) Opérateur(s)
PERRIN Valentine
Musique
Renseignements complémentaires
Scénario : Vincent Ravalec
Produit par Les Films du Garage
et Aile Court .....

Nota : pour Alex Descas, uniquement la voix .....
Acteurs
DESCAS Alex
Résumé

Sur un long poème incantatoire dont il est l'heureux prosateur, Vincent Ravalec filme avec brio et folie, le ballet nocturne des voitures dans certaines allées contiguës au Bois de Boulogne où se croisent entre misère et bonheur les stakhanovistes du sexe et de la jouissance, où l'offre et la demande parviennent toujours à se conjuguer dans une confuse harmonie incroyablement codifiée...

>>> Court métrage étonnant de par l'intime adéquation entre son filmage d'une rare crudité documentaire et son texte littéraire d'une pénétrante richesse d'écriture...

"Dès le premier tournant, il en sortait de derrière les voitures. D'abord des Noirs, grands, en survêtement, avec des bites fantastiques, et leurs couilles, mon Dieu, si grosses. On aurait dit un truc monstrueux, presque des ananas, s'agitant le long de la portière, dans la lueur des réverbères et les phares çà et là. L'ombre sous les arbres au milieu du terre-plein. De l'autre côté de la nuit, l'hippodrome et le Bois de Boulogne. Eux qui sortent leur queue dans la lumière. Si personne ne les voit, c'est pas marrant. Regarde, regarde leur boutoir dressé comme cent mille drapeaux. Regarde, regarde comme je me branle, je me branle pour toi. Dans un tableau bizarre et vaguement grotesque, avec au fond les sportifs jouant sur le terrain de foot et lui qui s'agite. Regarde comme ma bite est belle. Est-que tu es excitée ? Dis-lui qu'elle me montre ses seins, vas-y. Elle va le faire. Les voitures s'approchent et ralentissent entre le périphérique et les maréchaux. Surtout si vous éjaculez, ne le faites pas sur elle. Merci. Tout le monde a une bite, des couilles, et envie de baiser. Et pourtant là, c'est spécial, tous les soirs montrer son zob, les bagnoles qui s'arrêtent et eux qui se branlent comme des dingues. Le dieu Pan ressemblait à un bouc, des poils partout et un penchant net pour la débauche. Il s'était uni à toutes les ménades de Dyonisos alors qu'elles étaient ivres. Et là, c'est exactement pareil. Non pas un, mais dix, quarante Pan déchaînés, prêts à baiser les nymphes innocentes. Montre-moi tes seins et ta chatte aussi. Baisse ton collant, regarde-moi comme je bande. Tu veux voir mes parties. Des faunes déchaînés, ivres de stupre. Au début de mai, la jeune reine montait sur le dos de son homme avant de célébrer avec lui son mariage dans la forêt nouvelle. A cette époque le culte cerf avait remplacé le culte bouc en Arcadie. Mais que faites-vous, que faites-vous la nuit autour de nous, comme un nuage de folie. Certains arrivent en courant, des torches incandescentes se consumant dans la stratosphère. Ils ont perdu l'esprit et le sens de la mesure. Une main glissée dans leur poche, pressant leur membre pas encore raide, certains éjaculant avant même de bander. Des chevaux au triple galop et des femmes nues, hurlantes et possédées. D'autres hommes s'approchant pour regarder, voir aussi. Elle qui les branlent à tour de rôle. Je crois que c'est comme un rêve, un truc auquel on pense en se caressant et qui n'arrive jamais. Toutes ces bites me rendent dingue. Est-ce que je peux encore les sucer ou bien, ou bien çà craint ? Complètement porno et même dégueulasse. C'est même plus que de se sentir une pute. Une armée qui te traverse et t'emporte. Pour séduire Sélénée, Pan dissimula son apparence de bouc et ses poils noirs sous une toison bien propre. Elle consentit alors à le chevaucher. Et lorsqu'il voulut prendre son plaisir, elle ne résista pas. Trente hommes traînent autour de la voiture. Le côté noir et obscur des choses. Et en même temps, une attirance manifeste pour la cinquième dimension. Comment peut-on appeler çà ? Les femmes qui viennent ici pour se faire baiser par tout le monde. Dans la rue, tu leur donnerais le Bon Dieu sans confession. C'est quoi ? Des nymphomanes ? Des cinglées ? Où bien elles sont normales. Après tout avoir envie de se faire sauter, quoi de plus sain et naturel. Viens, on se retrouve à la Cascade. Dans le noir, l'autre soir j'en ai compté huit qui lui sont passés dessus. Elle hurlait : "Qu'ils y aillent plus fort". Comme dans un film, sauf que là c'était vrai et que même dans un film on ne voit pas çà. Les Romains aussi faisaient des orgies. Et les Dieux partouzaient. C'est notoire, d'après ce qu'on sait. Apollon ne s'ennuyait pas. Pourquoi nous on ne ferait pas pareil. Les mythes grecs, c'est ce qui sert à structurer notre pyché et nos comportements. Regarde, regarde, je me branle pour toi, j'éjacule. Quand on observe le sperme, il est différent selon les hommes. Le premier était tout clair comme de l'eau. Et l'autre, on aurait dit de la crème. Ce qui tient peut-être à la personnalité des gens ou à la fréquence des branlettes. Au bout d'un moment, le liquide devient plus fluide, presque pur. Moi, quand je me branle, je le fais tellement souvent, qu'à la fin j'ai mal aux couilles et une fois le médecin m'a dit que je risquais une déchirure musculaire. Au début, on se branle avec délice. Quoi de meilleur sur cette Terre. Les heures passées en sa propre compagnie, des images à foison, excitantes et douces, le vertige des femmes dans les voitures quand elles arrivent. C'est l'innocence et la vertu. Quand je me branle, c'est çà qui m'excite. A cent lieues de faire l'amour ou même de baiser. Mais petit à petit, c'est comme convoquer un esprit, une possession qui s'empare du corps, le sperme en saccades et surtout se retenir de jouir. L'instant d'avant on était sur une route, la chaleur et la lumière au bout, un territoire inaccessible et rêvé. Et c'est pire que de se cogner contre un mur, même pas la dégringolade, juste l'impuissance en face. Regarde comme je me branle et de toute manière, c'est grillé. Complètement vain et sans effet. Si ce n'est le plaisir et une déception après. Le haut sommet des montagnes, n'est pas encore pour nous. Merde, toutes ces bites, c'est incroyable. Cà fait comme une déchirure, sur un truc doré qu'on ne pourrait jamais toucher. Alors qu'il est pile à l'intérieur de nous. Quel effet çà doit faire de voir sa femme avec d'autres hommes, réaliser enfin la salope idéale dans un élan tellement pur que çà le rendait presque inimaginable. Alors que merde, dans la réalité, c'est quand même étrange, un troupeau d'étalons perdus, des yeux bizarres. Vraiment, c'est par eux que tu veux te faire baiser ? Tout devenant curieux et un peu triste : remonte ta jupe, montre leur ta chatte. D'y penser çà m'excitait. Maintenant je trouve çà minable et sale. Alors que c'est justement çà qui te plaît. Sentir un nuage opaque s'insinuer parmi nous et jouir. Je pense que çà doit être l'exact contraire d'un minéral immobile et figé sous le soleil du désert. Je me branle, je me branle et au bout d'un moment tout devient trouble et évident comme un shoot de coke. Mais un shoot de coke, on sait ce que c'est, tandis que là, c'est plus familier et intime, sans qu'on puisse s'en rendre maître. Juste accompagner le mouvement et après on éjacule. Ce n'est jamais assez longtemps pour arriver à saisir ce que l'on voudrait. Le regard des femmes a quelque chose d'inaccessible et encore, c'est même pas sûr que là résident les portes du mystère. Les autres autour de nous font comme une masse d'énergie poussée à leur paroxysme et tout s'enchaîne naturellement. Tu sais, il y a tellement de nuits à venir, que parfois j'en ai le vertige. Si on était condamné à vivre deux mille ans, à ton avis, on viendrait encore ou bien cela ne nous ferait plus rien. Parfois c'est une question que je me pose. Parce que si on croit en Dieu, on a le droit de jouer aussi, avec plein de mecs ensemble, ou est-ce interdit ?"...

Bibliographie
Critiques (Public)