LES PROIES - 1971

Titre VF LES PROIES
Titre VO The beguiled
Année de réalisation 1971
Nationalité Etats-Unis
Durée 1h25
Genre DRAME
Notation 17
Date de sortie en France 18/08/1971
Thème(s)
Guerre de Secession
Poisons (Cinéma américain)
Tortues (tous pays confondus)
Champignons (tous pays confondus)
Réalisateur(s)
SIEGEL Donald
Chef(s) Opérateur(s)
SURTEES Bruce
Musique
SCHIFRIN Lalo
Renseignements complémentaires
Scénario : Albert Maltz
alias John B. Sherry .....
et Irène Kamp alias Grimes Grice
d'après le roman de Thomas Cullinan
Distribution : Universal
Produit par Donald Siegel

Visa d'exploitation : 38 525
Acteurs
EASTWOOD Clint
PAGE Geraldine
HARTMAN Elizabeth
HARRIS Jo Ann
CARR Darleen
MERCER Mae
FERDIN Pamelyn
THOMAS Melody
DRIER Peggy
MATTICK Pattye
BRIGGS Charles
IZAY Victor
DUNN George
MARTIN Charles
CLARK Matt
VAN HORN Buddy
CULLITON Pat
LEE Bill (2)
Résumé

Nous sommes aux derniers jours de la fratricide guerre de Sécession. Une gamine de dix ans, partie à la cueillette aux champignons, découvre un soldat nordiste grièvement blessé au genou. Elle parvient à le ramener à l'Institut pour Jeunes Filles (sudistes) où elle est pensionnaire. Toutes ces "gentes" demoiselles seront fort troublées par l'arrivée de cet homme dans leur monde "émasculé". Séductions réciproques, intenses jalousies, sordide et mortelle vengeance féminine...

>>> Un film inoubliable, qui marquera longtemps les mémoires, d'une constante misogynie exacerbée, nimbé d'une sordide cruauté (dé)masquée...

Bibliographie
- Positif numéro 130
- Fiche de Monsieur Cinéma
- Télérama numéro 1127
- Cinéma 71 numéro 159
- Télé-Ciné numéro 174
Critiques (Public)
Pas d'accord sur la misogynie : dans un cadre de guerre, les "mantes religieuses" du pensionnat ne sont pas présentées comme plus cruelles ou condamnables que le soldat qu'elles recueillent et qui ment, triche, trompe -ce sont elles qui sont "beguiled"- avant qu'il soit pris à son propre piège et introduit le premier la violence dans cet îlot de paix. Le film n'est ni misogyne ni féministe, simplement lucide, comme bien peu de film d'hommes dès qu'il s'agit de voir la noirceur de la nature humaine ... chez une femme ........ NB.: je suis une femme.
 
Ndlr : on ne l'aurait pas deviné ...

18/20 : Les deux sexes en prennent pour leur grade dans cette ode à la tentation, encore plus exacerbée car se déroulant en fin de guerre. Le spectateur s'identifie tour à tour aux pensionnaires et au blessé, ce dernier dépendant de leur bon vouloir, beau comme un dieu, voilà le drame, il guette le moment propice pour regagner son régiment puis se laisse aller à sa nature chaleureuse... Lors de sa virée nocturne, que n'eût-il choisi la porte de gauche ! Fatal parcours, de la séduction à la protection mutuelle, puis des rivalités à l'explosion... Tout commence pourtant par d'innocents champignons cueillis dans les bois (cette rose sentie juste après absorption du plat par la maîtresse de maison !). Une trame empoisonnée mais toujours digne d'intérêt, un scénario à rebondissements, des dialogues riches, une fine étude de caractères, des prises de vue pertinentes, une pointe de suspense. Mais la hache aurait mieux convenu à cette directrice de pensionnat mal remise d'un lien incestueux car "une scie, c'est long", surtout pour le spectateur. Ce film diabolique afficherait davantage d'anti-militarisme que de misogynie ? Chacun(e) peut garder un petit pincement au coeur en se remémorant l'apprivoisement et aussi, cruauté suprême, ces sueurs sous laudanum... L.Ventriloque

Une mise en images glauque, troublante, dérangeante dans son aspect caméléon, semblant reformater en permanence dans le mensonge un personnage préférant satisfaire sa gloutonnerie féminine, plutôt que d'offrir des sentiments sincères à une seule personne. Cette impossibilité ayant pour conséquence de mettre en service un panier de crabes féminin jaloux et revanchard, montant en puissance pour retrouver sa communauté de départ dans l'acte final. Enfin un rôle trouble pour un comédien évacué de personnages forts, se retrouvant fragile et diminué dans un contexte accueillant, changeant peu à peu de peau. Les passions féminines s'éveillent en gommant toute la perception d'une mission humanitaire, pour élaborer en commun dans une collectivité retrouvée, une machine à tuer. Une bombe à retardement passionnelle, actionnée par un instable incapable de manager ses pulsions. JIPI

Un jeu complexe de pulsions sexuelles frustrées, d'hypocrisie et de perversions que McBurney, le mâle ou le mal ?, fait jaillir de cette sorte de couvent transformé dès lors en maison du vice avant de se refermer sur le déni. Quelque chose d'aussi profond et torturé, je me dis que ça ne peut être que l'adaptation d'un roman? (Bingo! THE PAINTED DEVIL de Thomas P. Cullinan, 1966). Je trouve le titre français très mauvais. "Les envoûtés", "Les ensorcelés" auraient été plus corrects, ou même "Les diaboliques" tant, comme dans le film de Clouzot, sourd ici une tension sexuelle perverse étouffée. À quoi bon refaire un tel film, déjà si intense et achevé? (cf le remake de 2017)