LA CORDE - 1948

Titre VF LA CORDE
Titre VO Rope
Autres titres VF COCKTAIL POUR UN CADAVRE
Année de réalisation 1948
Nationalité Etats-Unis
Durée 1h20
Genre POLICIER
Notation 17
Date de sortie en France 22/02/1950
Thème(s)
Homosexualité masculine (Cinéma américain)
Folies, démences et autres dérangements de l'esprit (Cinéma américain)
Huis clos (tous pays confondus)
Hamilton (Patrick)
Réalisateur(s)
HITCHCOCK Alfred
Chef(s) Opérateur(s)
SKALL William VALENTINE Joseph
Musique
BUTTOLPH David
Renseignements complémentaires
Scénario : Arthur Laurents
et Hume Cronyn .....
d'après la pièce de Patrick Hamilton
Direction musicale : Léo F. Forbstein
Distribution : Warner Bros

Visa d'exploitation : 8281

Nota : Alfred Hitchcock apparaît au début du film, au bras d'une jeune femme .....
Acteurs
STEWART James
DALL John
GRANGER Farley
CHANDLER Joan
HARDWICKE Cedric
COLLIER Constance
EVANSON Edith
DICK Douglas
HOGAN Dick
HITCHCOCK Alfred
Résumé

Brandon Shaw et son ami Philip, deux étudiants de la High Society new-yorkaise, sont fascinés par la théorie de leur professeur, Rupert Cadell, qui affirme que les êtres supérieurs ont le droit de détruire les êtres inférieurs qui encombrent la société. Vue de l'esprit, que nos deux cerveaux perturbés, ont tôt fait de mettre en pratique sur la personne de leur jeune condisciple, David Kentley...

>>> Chef-d'oeuvre du film "noir" d'un brillant cynisme absolu dont l'insoutenable tension, entre paranoïa et mondanité, frise la perfection, pour notre plus grand plaisir !  

Bibliographie
- Fiche de Monsieur Cinéma
- Cahiers du Cinéma numéro 365
- L'Ecran Français numéros 151 et 243
- Saison Cinématographique 1950/51
- Revue du Cinéma numéro 401
- Télérama numéro 1814
- Cinéma numéros 311 et 396
- Cinématographe numéro 104 
Critiques (Public)
C'est peut-être une réussite technique, mais cela ne parvient pas à faire pardonner au réalisateur ses clichés homophobes(pratique, hélas!, courante). Un film où les hétérosexuels sont présentés comme les bons et les homosexuels comme les méchants, ne peut être une réussite, c'est l'évidence. Hitchcock est un maître du cinéma ("The rope" est une prouesse technique), mais il manque à son art quelque chose d'essentiel : la tolérance et la fait de regarder plus loin que le bout de son nez. Honte à lui, donc. 

C'est peut-être un des tous meilleurs films d'Hitchcock, même s'il est moins connu que d'autres. Le huis clos, rarement effectué au cinéma, est ici remarquablement réalisé. Par son originalité, le film est exceptionnel, mais aussi par la thématique générale, plus subtile que l'on peut le croire. Le premier aspect essentiel est la condamnation de toute forme d'intolérance, de volonté de supériorité et d'inégalités. Le film ne condamne pas seulement la barbarie nazie (le film date de 1948), mais toute forme d'inégalités et de crime. Mais la responsabilité des intellectuels, l'importance des maîtres à penser dans l'avenir d'un pays est magistralement traitée ici, donnant la même importance à leurs paroles que si elles étaient des actes. Et c'est pour cela que ce film est encore aujourd'hui cruellement d'actualité... 

Excellent suspense d'Hitchcock en adéquation avec une performance technique (plan séquence prolongé)et le jeu des comédiens : John Dall en tête, inoubliable (mais hélas oublié) héros du "Démon des armes", les seconds rôles étant très efficaces: Edith Evanson et Constance Collier notamment. Ceci dit, on ne peut taxer Hitchcock d'avoir des relents homophobes, puisque la pièce d'où est tirée le film provient d'un fait divers historique, mettant en scène deux jeunes gens homosexuels voulant prouver leur supériorité intellectuelle. Richard Fleischer reprendra ce thème dans "Le génie du mal" avec Bradford Dillman et Dean Stockwell.  AXEL.

"La corde" est une œuvre symphonique, une initiation expérimentale sur l'art d'assassiner esthétiquement un composant de sa propre génération. On teste les procédures en costumes cravates dans un luxueux appartement richement meublé où au delà d'une baie vitrée un temps indifférent suit son cours. Ces jeunes assassins se préparent au combat qu'il faudra mener contre eux-mêmes afin de supporter l'inévitable déferlante de démons accusateurs ainsi que contre la détermination méthodique et intuitive d'un aîné. La dépouille dissimulée active une machinerie déductive par son omniprésence. "La corde" ressemble curieusement à une partie d'échecs entre deux jeunes présomptueux arrogants, endoctrinés par un professeur retors ayant alimenté volontairement les esprits de ses étudiants sur le mécanisme d'un meurtre dans le but de s'en servir contre eux. Celui-ci ravi de démontrer qu'il possède encore du jus intuitif devient lucidement l'adversaire de ses propres théories déversées chez une génération montante qu'il désire mettre au pas, puis éliminer afin de conserver un territoire basé sur ses pouvoirs de résolutions. Les deux jeunes tueurs ne sont que des cobayes endimanchés, friables à court terme, manipulés par un ambitieux avide d'énigmes exécutées selon un plan machiavélique dont il est le chef d'orchestre. "La corde" se résume en partie à un conflit de générations, une assurance minutée honore deux jeunes étudiants séduits par la mise en puissance d'un interdit expérimental dont la séquence inéluctable renforce la longévité d'un grisonnant. JIPI