INTOLERANCE - 1916

Titre VF INTOLERANCE
Titre VO Intolerance
Année de réalisation 1916
Nationalité Etats-Unis
Durée 3h18
Genre MELODRAME
Notation 18
Date de sortie en France
Thème(s)
Coward (Noël)
Chefs-d'oeuvre (Muet)
Protestantisme
Crucifixion (tous pays confondus)
Oies (tous pays confondus)
Réalisateur(s)
GRIFFITH David Wark
Chef(s) Opérateur(s)
BITZER George William BROWN Karl
Musique
BREIL Joseph Carl SOSIN Donald
Renseignements complémentaires
Scénario : David Wark Griffith
Décors : Frank Wortman .....

Nota :

- il existe maintes versions du film, Griffith ayant remanié plusieurs fois le montage après sa sortie .....

- Durée du tournage : 22 mois et 12 jours

- Coût du film : entre 500.000 et 2.000.000 de dollars de l'époque

- Durée version inédite : 8 heures

- Sortie du film : 5 septembre 1916 au Liberty Theatre de New York

- W.S. Van Dyke, Erich von Stroheim et Tod Browning étaient assistants à la réalisation .....
Acteurs
GISH Lillian
MARSH Mae
HARRON Robert
LEWIS Vera
DE GRASSE Sam
TURNER F. A.
ALDEN Mary
WASHINGTON Eleanor
ELMORE Pearl
BROWNE Lucille
MACKLEY Arthur
COOPER Miriam
LONG Walter
WILSON Tom
LEWIS Ralph
INGRAHAM Lloyd
BLUE Monte
MARSH Marguerite
DAVIDSON Dore
BROWNING Tod
DILLON Edward
GAYE Howard
LANGDON Lillian
HARRIS Mildred
GREY Olga
LOVE Bessie
STROHEIM Erich Von
BROWN William
VON RITZAU Gunther
WALSH George
WILSON Margery
PALLETTE Eugene
CROWELL Josephine
AITKEN Spottiswoode
BURNS Edward (2)
BENNETT Frank
STANLEY Maxfield
TALMADGE Constance
HENABERY Joseph
SEARS O.d.
LAWRENCE William E.
HOUSE Chandler
CLIFTON Elmer
SIEGMANN George
PAGET Alfred
OWEN Seena
STOCKDALE Carl
MARSHALL Tully
LINCOLN Elmo
MODJESKA Felix
CORRADA Guino
FAWCETT George
LAWLOR Robert
BRUCE Kate
RUBENS Alma
SAINT-DENIS Ruth
MYERS Carmel
TALMADGE Natalie
STARKE Pauline
SOUTHERN Eve
CARMEN Jewell
MOORE Colleen
GREY TERRY Ethel
DEMPSTER Carol
WESTOVER Winifred
ROBINSON Daisy
WALTHALL Anna Mae
FAIRBANKS Douglas
BEERBOHN TREE Herbert
DUNCAN Taylor N.
CRISP Donald
HOPPER De Wolf
MOORE Owen
CAMPEAU Frank
LUCAS Wilfred
DE BRULIER Nigel
BERANGER George André
YOUNG Tammany
CARPENTER Francis
O'CONNOR Loyola
DARK CLOUD
HANDFORTH Ruth
COWARD Noël
LE VEQUE Eddie
HICKS Russell
Résumé

A quatre époques de l'humanité, des illustrations flagrantes de l'intolérance. 

1. L'époque "moderne" (1914) :
grèves, injustice, condamnation à mort d'un innocent, sauvé in extremis.

2. L'épisode de la vie du Christ :
les noces de Canaan, les Pharisiens, le Mont des Oliviers et la crucifixion.

3. L'épisode de la Saint-Barthélemy (1572) :
avec le tragique massacre des Huguenots à cause de leur différence de religion.

4. L'épisode de la chute de Babylone (539) avant Jésus-Christ :
avec la mémorable défaite de Balthazar par les puissantes armées de Cyrus.

>>> Un monument du cinéma mondial !

Bibliographie
- Cahiers Cinéma numéros 231, 233
- Cinéma 59 numéro 34
- Cinéma 61 numéro 56
- Cinéma numéros 331, 471
- Ecran numéro 12
- Positif numéros 257/258
- Positif numéros 308, 311
- Fiche de Monsieur Cinéma
Critiques (Public)
Il faut toujours garder en mémoire que D.W. Griffith ne fit ce film que suite aux critiques extrêmement virulentes que suscita le racisme total de son oeuvre précédente: "Naissance d'une nation".

"Sans cesse se balance le berceau reliant le passé à l’avenir". Un foyer d’intolérance et de haine lutte perpétuellement au cœur du temps afin de soumettre un amour charité se maintenant difficilement à flots dans un environnement historique de plusieurs millénaires synonymes de massacres permanents. Des grappes humaines en révolte sont corrigées au canon, des tours s’embrasent au pied des murailles d’une ville momentanément épargnée. Le Christ se prépare à la passion, Babylone trahi par ses religieux offre à l’envahisseur ses murs éventrés. Le chômeur à bout de ressources détrousse l’éméché. Le réformiste se déchaîne dans une époque où les individus désoeuvrés retournent à la pierre brute. "Il faut détruire ou être détruits" Catherine de Médicis le clame haut et fort à un Charles IX sous pression matriarcale à l’aube d’une Saint Barthélemy sanguinaire où le seul but est de gagner du temps sur le temps par la force d’une doctrine contradictoire. Depuis toujours, l’humanité se morfond en conflits répétitifs par des procédures guerrières et politiques. Il y a toujours un prêtre pour vendre une ville à un empereur. En costumes ou bardés de fer, les hommes ne font que se trahir, souffrir et guerroyer. Ces quatre récits offre à l’histoire un sanguinolent paquet cadeaux de nos fureurs temporelles contrées par une bravoure bien souvent féminine courageuse, malmenée, quelquefois récompensée. "Intolérance" est une œuvre magnifique, grandiose, violente, sensuelle montrant notre logiciel terrestre, une fureur meurtrière vêtue d’une famine intellectuelle où l’homme extrêmement fragilisé se protège dans la douleur de la bestialité de ses propres congénères, encadré par des compagnes aimantes, volontaires, décisionnaires d’une grâce de dernière minute ou opérationnelles au combat jusqu'à la mort. Les décors grandioses babyloniens filmés en ballon captif alimentent merveilleusement les contraintes du plan fixe. Ces statues d’éléphants cabrées aux mesures himalayennes envoient au placard les balbutiements d’un jeune cinéma prenant soudainement grâce à ce joyau une technologie parfaite presque indélébile. "Intolérance" première fresque historique cinématographique à grand spectacle représente un processus complet émotionnel et tragique de nos parcours, un plan révélateur de toutes nos erreurs accumulées. Ces quatre récits en parallèles ne sont que notre image, une lutte perpétuelle entre proies et prédateurs. "Intolérance" est notre éternité. JIPI