CANINE - 2009

Titre VF CANINE
Titre VO Kynodontas
Année de réalisation 2009
Nationalité Grèce
Durée 1h36
Genre DRAME
Notation 17
Date de sortie en France 02/12/2009
Thème(s)
Cinéma grec (ORIGINE)
Chiens (Autres pays)
Homosexualité féminine (Autres pays)
Vidéo (Moyen de communication)
Chats (tous pays confondus)
Prostitution (Cinéma grec)
Inceste (Autres pays)
Bains et piscines (tous pays confondus)
Huis clos (tous pays confondus)
Jeux (cache-cache)
Réalisateur(s)
LANTHIMOS Yorgos
Chef(s) Opérateur(s)
BAKATAKIS Thimios
Musique
Renseignements complémentaires
Scénario : Giorgios Lanthimos
et Efthymis Filippou ....
Distribution : MK2 Diffusion

Visa d'exploitation : 124 596

Nota :

- "Louve d'Or" Festival du Nouveau Cinéma, Montréal 2009

- Prix "Un Certain Regard" et "Prix de la Jeunesse", Cannes 2009 
Acteurs
STERGIOGLOU Christos
VALLEY Michèle
PAPOULIA Angeliki
TSONI Mary
PASSALIS Hristos
KALAITZIDOU Anna
VOULGARIS Alexander
Résumé
                                                                                          Et se faire lécher le clavier...

Une carabine est un bel oiseau blanc, un zombie est une petite fleur jaune" égrène laconiquement un magnétophone lors d'une singulière leçon de choses et de mots avec ses surprenantes définitions surréalistes. Mais ici aucun hommage ou référence au fameux mouvement littéraire et artistique, mais un apprentissage parental hors normes à trois (grands) enfants qui n'ont jamais franchi l'enceinte de la propriété familiale. L'éducation est autistique, dirigée au gré d'une incroyable folie claustrophobe par des géniteurs surprotecteurs à l'extrême, mentalement perturbés et délirants. Ainsi, on s'entraîne à des jeux d'endurance avec de l'eau bouillante, de suffocation avec un puissant anesthésiant, d'apnée au fond de la piscine et d'aboiements tonitruants pour chasser les monstres félins. Et pour l'équilibre sexuel du garçon, on fait venir régulièrement l'affable Christina (les yeux bandés pour qu'elle ne reconnaisse pas le chemin emprunté) qui travaille comme agent de sécurité, dans l'usine où le père de famille occupe une fonction privilégiée. Dans le ciel, les avions qui survolent la maison sont considérés comme des jouets qui, de temps à autre tombent dans le vaste jardin, servant de récompense aux enfants éventuellement méritants, gratifiés aussi de dérisoires et futiles autocollants honorifiques. C'est donc dans une totale autarcie que sont confinés les trois mômes, vivant dans la certitude d'un mortel danger hors des murs de la solide enceinte, un extérieur qu'on sera seulement prêt à défier le jour où l'on perdra sa première canine, auquel on pourra accéder uniquement en voiture, quand la canine aura repoussé. En effet, seul un véhicule motorisé peut protéger de l'agression du dehors et c'est ainsi, pour ne pas avoir tenu compte de ces fondamentales recommandations que leur petit frère est mort, déchiqueté par un chat, malgré une courageuse mais inutile intervention du père... 

>>> Etonnante et cinglante allégorie sur les possibles méfaits évidents de l'éducation, les contemporaines phobies sécuritaires de l'enfermement, l'oppression de l'amour (parental) poussé dans ses ultimes retranchements paranoïaques, d'une inventivité scénaristique stupéfiante d'originalité élémentaire et de cohérence logique, dont nous retiendrons, parmi bien d'autres fulgurances épisodiques, cette scène prodigieuse de l'écoute en famille d'une chanson d'un disque, interprétée en anglais par un prétendu grand-père, traduite en toute fantaisie aléatoire par le paternel, religieusement...
© Cinéfiches.com (Jean-Claude Fischer)

Bibliographie
- Annuel du Cinéma 2010
Critiques (Public)
Cela serait peut-être exagéré de dire, haut et fort, que le film est extraordinaire. Par contre, il sort effectivement des sentiers battus et des kilomètres de pellicule insipides et banals que nous ingurgitons, bon an, mal an, chaque mois devant les écrans de cinéma, de télévision et d'ordinateur. De plus, rarement un scénario n'a été aussi original et poussé dans ses retranchements les plus extrêmes, en destructurant aussi méticuleusement l'habituelle réalité quotidienne. Une sorte d'ovni cinématographique, inclassable, perturbé et perturbant qui désarçonne sur son passage maintes certitudes affirmées et rassurantes conventions existentielles. Un cinéma grec qui me bouscule (j'aime cela) loin de la tendresse des "Jeunes Aphrodites" et des insipides moulins à vent de Mikonos ...  Amandine qui (vous) taquine