UNE PAGE FOLLE - 1926

Titre VF UNE PAGE FOLLE
Titre VO Kurutta ichppeiji
Année de réalisation 1926
Nationalité Japon
Durée 1h00
Genre DRAME
Notation 20
Date de sortie en France 05/03/1975
Thème(s)
Trains et gares (Cinéma japonais)
Cinéma japonais (ORIGINE)
Nos coups de coeur .....
Kawabata (Yasunari)
Surréalisme et dadaïsme
Folies, démences et autres dérangements de l'esprit (Cinéma japonais)
Milieu médical (Cinéma japonais)
Concierges (tous pays confondus)
Réalisateur(s)
KINUGASA Teinosuke
Chef(s) Opérateur(s)
SUGIYAMA Kohei
Musique
KINUGASA Teinosuke
Renseignements complémentaires
Scénario : Yasunari Kawabata
Décors : Senyo Ozaki .....

Nota : film muet, qui fut sonorisé ultérieurement (en 1971) .....
Acteurs
INOUE Masao
NAKAGAWA Yoshie
LIJIMA Ayako
NEMOTO Hiroshi
SEKI Misao
MINAMI Eiko
Résumé

Un asile d'aliénés. Une jeune femme est incarcérée après sa tentative de suicide par noyade durant laquelle son bébé est mort. Son mari, un ancien marin, tente par tous les moyens de la faire sortir du dramatique lieu. Mais elle refuse obstinément de partir. Il se souvient des jours heureux. Désespéré, il accepte finalement l'emploi de concierge dans l'asile pour rester près de son épouse...

>>> Un film hallucinant (le seul exemple de film surréaliste japonais des années 1920) d'une sublime poésie noire dont le négatif fut retrouvé seulement en 1971...

Bibliographie
- Ecran numéros 35, 86
- Saison Cinématographique 1975
- Image et Son numéro 313
Critiques (Public)
16/20 : Une page folle, film en noir et blanc muet japonais de 1926 au négatif retrouvé 45 ans plus tard, nécessite de nombreux arrêts sur images si l'on veut en déchiffrer l'essentiel. Il force de toute façon le respect comme le ferait un documentaire inestimable. Atmosphère inquiétante avec sa musique rajoutée, martelée comme une enflure qui se gangrène quoi qu'on fasse (musique parfois envahissante). Dès les premiers plans, saccadés, barrés de trombes d'eau, une danseuse évolue devant une boule aux formes régénérées, symbole de créativité, de fécondité, de maternité aussi... Le terrain moitié réaliste moitié onirique amène deux intervenants qui se toisent, se lâchent, se reprennent, une complicité qui fut. La jeune danseuse dans sa cellule fait diversion avec son look sorti d'un néant intemporel (elle pourrait être de 2012 !). Le clair-obscur, les obliques de cadrage, vont et viennent du bâtiment au chemin extérieur, une femme court, un chien... Si l'on se repasse la scène avec l'enfant dans les bras ensuite, deux femmes... Evident qu'un bébé est tombé à l'eau. Accident ou suicide raté de la mère incapable de plonger ou qu'on a retenu sur la berge ? Le rire de la prisonnière, sa recherche d'un minuscule objet par terre dans sa cellule (bouton ou perle ?), sa mimique punitive vers son mari de l'autre côté des barreaux, son rire fracassant de qui se ménage une revanche, restent des pistes à explorer. Tout comme la visite féminine (soeur, rivale...). Quoi qu'il en soit, il est mpossible d'oublier cet homme aux yeux pénétrants côté pile, et parfait visage de coupable cherchant à s'amender côté face... Concierge pilier des lieux comme le médecin, deux chiens féroces qui génèrent une lutte entre encadrants (scène très longue) et l'hilarité des malades. Film visionnaire d'un avenir collectif nippon lugubre ou adultère dilué dans la schizophrénie, on dirait un puzzle agaçant auquel il manque une pièce... Seule certitude, toute l'eau du ciel se vide chez ces dérangés de l'âme ! L.Ventriloque