DUCH LE MAITRE DES FORGES DE L'ENFER - 2011

Titre VF DUCH LE MAITRE DES FORGES DE L'ENFER
Titre VO
Année de réalisation 2011
Nationalité Cambodge / France
Durée 1h43
Genre DOCUMENTAIRE
Notation 17
Date de sortie en France 18/01/2012
Thème(s)
Cinéma cambodgien (ORIGINE)
Documentaires (Autres pays)
Tortures
Films politiques (Autres pays)
Réalisateur(s)
PANH Rithy
Chef(s) Opérateur(s)
PANH Rithy MESA Prum
Musique
MARDER Marc
Renseignements complémentaires
Scénario : Rithy Panh
Distribution : Les Acacias
Distribution DVD : Editions Montparnasse

Visa d'exploitation : 132 026

Complément : "Gibier d'élevage"
Acteurs
Résumé

Au Cambodge, entre les années 1975 et 1979, le régime khmer rouge a causé la mort d'environ un million huit-cent mille personnes, soit au bas mot, un quart de la population totale du pays. Kaing Guek Eav, dit "Duch", a dirigé M13, une des nombreuses prisons des maquis khmers rouges, durant quatre longues années, avant d'être nommé par l'Angkar (l'Organisation) au centre S21, à Pnom Penh. En qualité de secrétaire du parti, il a commandé cette incroyable machine de guerre et de mort où périrent, d'après les archives restantes, pas moins de 12.380 personnes. Mais combien d'autres ont disparu, écrasées, réduites en poussière ? Comme dans toutes les dictatures, pour servir la cause révolutionnaire, on utilise des enfants, forgés par le mouvement, qui sont contraints de garder et d'interroger les prisonniers. Garder et interroger passent bien sûr avant l'alphabétisation. D'ailleurs moins leur niveau culturel était élevé, plus ils étaient loyaux envers Duch qui voulait appliquer strictement le principe de la dictature du prolétariat, cher au président Mao Zedong, considéré comme un exemple et un modèle. Il en résulte des principes de vie et de mort axiomatiques dont l'inhumanité fleure l'absurdité et le pataquès : "Tuer un innocent par erreur vaut mieux que laisser un ennemi en vie" ou bien "A te garder en vie on ne gagne rien, à t'éliminer on perd rien". C'est donc durant une centaine de minutes que le monstrueux personnage répond tranquillement aux questions, quelquefois avec de pénibles arguties, laissant paraître de temps à autre quelques accès de rire et de contentement devant ses agissements ou bien le témoignage filmé en vidéo de certains anciens membres et gardiens de son unité. Inlassablement, méthodiquement des faits atroces sont rappelés, agrémentés de la description d'une séance de torture où transparait une odieuse émulation entre les tortionnaires ou bien la froide évocation des expérimentations médicales sur des prisonniers. Et pour comble d'abjection, Duch se considère comme innocent, faisant parti de la police du gouvernement du Kampuchéa démocratique, reconnu par l'ONU, qui lui a attribué un siège jusqu'en 1990, un simple exécutant des directives gouvernementales, estimant avoir été l'otage du régime khmer.

>>> A l'évocation des faits et des circonstances, on pourrait aisément s'imaginer être en présence d'une brute épaisse et fruste. En fait, nous sommes en face d'un être cultivé, certainement raffiné, qui parle facilement le français, évoquant avec suavité et pertinence Balzac, Marx, Vigny, qui se targue de n'avoir quasiment jamais participé aux interrogatoires ni aux séances de torture, finalement un intègre et studieux fonctionnaire de l'horreur, comme il en existe sous toutes les dictatures et dont
la mort est le métier selon les propos d'un historien de la période nazie...
© Cinéfiches.com (Jean-Claude Fischer)

Bibliographie
- Cahiers du cinéma numéro 674
- Positif numéro 611
Critiques (Public)