IDA - 2012

Titre VF IDA
Titre VO Ida
Année de réalisation 2012
Nationalité Pologne
Durée 1h18
Genre DRAME
Notation 17
Date de sortie en France 12/02/2014
Thème(s)
Cinéma polonais (ORIGINE)
Représentant(e)s du culte (Cinéma polonais)
Juifs (Cinéma polonais)
Milieu rural (Cinéma polonais)
Suicide (Cinéma polonais)
Enterrements
Cimetières (tous pays confondus)
Auto-stop (tous pays confondus)
Jazz
Hôtels (Autres pays)
Orphelins (Autres pays)
Milieu médical (Cinéma polonais)
Réalisateur(s)
PAWLIKOWSKI Pawel
Chef(s) Opérateur(s)
LENCZEWSKI Ryszard ZAL Lukasz
Musique
EIDNES ANDERSEN Kristian
Renseignements complémentaires
Scénario : Pawel Pawlikowski
et Rebecca Lenkiewicz .....
Distribution : Memento Films
Acteurs
KULESZA Agata
TRZEBUCHOWSKA Agata
KULIG Joanna
OGRODNIK Dawid
SZYSZKOWSKI Adam
TRELA Jerzy
JANUSIAK Artur
KASPRZYK Marek
SKOCZYNSKA Halina
BURCZYK Pawel
JAKUS Mariusz
DABROWSKA Izabela
GRZESZCZAK Anna
KUDUK Dorota
Résumé

Début des années 1960, quelque part en Pologne, dans une région agricole et champêtre. Une jeune orpheline, Ida Lebenstein, en train de passer son noviciat dans un institut religieux d'obédience catholique qui l'avait recueillie, est invitée par la mère supérieure, avant de prononcer ses voeux, à rencontrer sa tante Wanda Gruz, seul membre de sa famille encore en vie. Cette dernière, anciennement haut magistrat occupant désormais le poste de simple juge, plutôt fortement portée sur les boissons alcoolisées, lui fait part, sans ambages ni préambules, qu'elle est en fait d'origine juive. Toutes deux se rendent ainsi au petit village de Piaski, revoir l'ancienne maison ayant appartenu à la famille d'Ida, désormais occupée par des Polonais du cru qui rechignent fort à évoquer le traumatisant événement, durant la Seconde Guerre Mondiale, lié à la dramatique disparition de Rozsa Lebenstein et de sa famille. Peu à peu, après avoir rendu visite au père de l'actuel occupant de l'ancienne demeure, un certain Szymon Skiba, une douloureuse et sordide vérité se fait jour, les parents de la jeune Ida, encore bébé à l'époque, ont été abattus par ces Polonais, durant l'occupation allemande, pour s'accaparer en toute impunité leurs biens. En pleine crise d'identité, religieuse, morale et sociétale, Ida va dans un premier temps, après le suicide par défenestration de sa tante excédée par les impasses de son existence, se rapprocher d'un jeune joueur de saxophone alto, précédemment pris en auto-stop par les deux femmes, pour revenir ensuite à son couvent, définitivement (?)...

>>> Ce qui frappe d'emblée, après seulement quelques minutes de projection, c'est l'étonnante plasticité de l'oeuvre, avec une recherche et un rendu hors pair dans le travail de l'image en noir et blanc et des méticuleuses prises de vue taillées au cordeau qui cisèlent et parachèvent, avec finesse et réussite, les différents états psychologiques des personnages, sans cesse confrontés à leurs doutes et leurs questionnements. S'il est de bon ton de "sanctifier" l'interprétation toute en finesse et en grâce de la débutante Agata Trzebuchowska dans le rôle titre, il serait discourtois et fort incompréhensible d'oublier l'exceptionnelle prestation de l'actrice incarnant le personnage pathétique et tourmenté de la tante...
© Cinéfiches.com (Jean-Claude Fischer)

Bibliographie
- Libération du 12 février 2014
- Positif numéro 636
- Le Canard Enchaîné du 12 février 2014
- Cahiers du Cinéma numéro 697
- Fiche de Monsieur Cinéma
Critiques (Public)
Un beau et sobre noir et blanc dédié à une histoire sans surprise mais intéressante. Dommage que le contexte d'une Pologne catholico-communiste post-shoah ne soit qu'entrevu.

Ida, loupe dénudée, austère et enneigée restitue parfaitement les pulsations interrogatives et sensitives d'un pays sous l'emprise du visage grave et du verbe rare tentant laborieusement de se reconstituer tout en gérant les contraintes d'un lourd patrimoine élaboré dans son histoire. Doute et culpabilisation s'insèrent dans un festif improvisé découvert à la dérobée avec comme partenaires naturels et quotidiens des forets tristes et répétitives, paravents de villages quasiment déserts sur des routes incertaines offertes dans un silence de plomb à des voitures cabossées aux bord de la rupture. Un site au dessous de zéro entre rusticité et fumets d'indépendances se maintient opérationnel concepts par concepts dans un partenariat soporifique aux traits tirés, distant ou sentimentalement éphémère unissant sans flammes le temps d'une nuit l'autre côté d'une vie promise à la divinité. Dans des interrogations rigides et attirantes perturbant les principes d'une nation rivée sur ses codes sur le point de découvrir une parcelle de lumière. JIPI