L'AURORE - 1927

Titre VF L'AURORE
Titre VO Sunrise
Année de réalisation 1927
Nationalité Etats-Unis
Durée 2H06
Genre DRAME
Notation 20
Date de sortie en France
Thème(s)
Chefs-d'oeuvre (Muet)
Porcs / cochons
Feux d'artifice (tous pays confondus)
Réalisateur(s)
MURNAU Friedrich Wilhelm
Chef(s) Opérateur(s)
ROSHER Charles STRUSS Karl
Musique
RIESENFELD Hugo
Renseignements complémentaires
Scénario : Carl Mayer
d'après : "Le voyage à Tilsit"
d'Hermann Sudermann .....
Assistant-réalisateur : Herman Bing
Edgar G. Ulmer était assistant à la direction artistique .....

Sous-titre VO : "A song of two humans"

Nota :
- Le perfectionnisme de Murnau lui fit employer 300 ouvriers mexicains
pour coller des milliers de feuilles sur un arbre dénudé par la tempête .....
Acteurs
O'BRIEN George
LIVINGSTON Margaret
ROSING Bodil
SIPPERLY Ralph
GAYNOR Janet
WINTON Jane
HOUSMAN Arthur
BOLAND Eddie
CORRADO Gino
NORTON Barry
EILERS Sally
MAC DONALD J. Farrell
KORTMAN Bob
BRACEY Sidney
GOWLAND Gibson
SMALLEY Phillips
PHIPPS Sally
Résumé

Dans un paisible petit village situé en bordure d'un lac, une belle citadine en vacances séduit un jeune paysan marié. Elle lui suggère bientôt de se débarrasser de sa femme et de partir, avec elle, pour la ville. Le brave homme, tout d'abord scandalisé, finit par mettre au point le meurtre mais ne peut se résoudre au dramatique geste fatal. Son épouse s'enfuit; il la rattrape et le couple passe une journée inespérée de bonheur en ville. Mais, au retour, une terrible tempête se lève...

>>> Une pureté formelle et un pouvoir émotionnel jamais égalés depuis. Un chef-d'oeuvre absolu que l'on ne se lasse pas de voir et de revoir !

Peut-être le plus beau film du monde...

Bibliographie
- Avant-Scène numéro 148
- Fiche de Monsieur Cinéma
- Cinéma 02 (01/10/2001)
- "1895" numéro 26
- Cinéma numéros 57, 76
- Cinéma 64 numéro 84
- Image et Son numéro 233
- Positif numéros 375/376, 523
- Pour Vous numéros 6, 8, 28
Critiques (Public)
18/20 : Si vous avez tendance, comme moi, à avoir comme un baîllement quand il s'agit de cinéma muet, remettez-vous. Ici, on est sauvé par le texte, intelligent, plaqué sur une action totalement intemporelle, et rien ne pèse grâce au "ton" familier. Ajoutez un art du clair-obscur en images, ainsi que le sens aigu de l'anecdote. Non, ça ne fait pas poussiéreux, on oublie que c'est du muet et c'est aussi attachant que les meilleurs Charlie Chaplin ou Buster Keaton. La morale est surprenante, avec une menace de départ qui conduit à autre chose que la destruction. Un petit chef-d'oeuvre, à repasser dans les cinémathèques ! L.Ventriloque

19/20 : Un fermier est pris entre deux amours : celui qu’il porte à sa femme, au doux et blond visage d’ange, et celui pour sa maîtresse, une belle et brune citadine. La nuit, il retrouve cette dernière, apprêtée, qui l’incite à tout quitter pour venir avec elle à la ville. Mais que faire de l’épouse ? La noyer, tout simplement. Le fermier emmène donc sa femme pour une balade en barque, puis, comme sous l’emprise d’une force supérieure, tente de mettre en œuvre le plan diabolique de sa maîtresse ; cependant lorsque son épouse comprend ses intentions et le supplie de lui laisser la vie sauve, sa volonté vacille, il n’est plus sûr de rien... Réalisé à l’époque du noir et blanc et du muet, ce film comporte de très beaux effets spéciaux. On se laisse embarquer avec bonheur dans cette histoire intemporelle qui évoque l’amour, la tentation, les différents visages de la femme (épouse, mère, tentatrice, voire sorcière) ainsi que ceux de l’homme (protecteur ou violent, selon la façon dont il utilise sa force). Chacun des deux protagonistes possède cette multiplicité de visages, si bien que l'épouse rejoint avec joie l'univers de la nuit, de la danse, de la légèreté, tandis que l'homme quitte les eaux troubles d'une âme tourmentée par un choix impossible pour renouveler son engagement, son désir de combler l'être aimé... Emouvant et magnifique.   TY

Pourquoi le film de Murnau est remarquable ? En partie, par ses jeux incessants sur les oppositions. Mais loin de s'éparpiller sur l'ensemble du métrage, chaque opposition est en fait un chaînon qui s'accorde avec les autres. Il y a bien entendu la domination du manichéisme. Bien et Mal s'affrontent dans toutes les composantes filmiques et profilmiques. Dans le profilmique, il y a la ville et la campagne, l'amour et la haine, la vie et la mort, le jour et la nuit, la brune et la blonde, les pensées et les gestes. Dans le filmique, il y a le soin du cadre; le prodigieux sens de l'espace, l'accord exceptionnel de la nature et de la culture, les plans fixes aux plans en mouvement, la vérité et la représentation de la vérité, le "son" et l'image. Toutes ses luttes se combinent harmonieusement dans ce pur diamant qu'est "Sunrise". Le jour et la nuit sont suffisamment éloquents dans le film pour être accessibles à cette qualité plastique. La séquence la plus significative du film est la plus célèbre assurément : la tentative de meurtre du mari envers sa femme au milieu de l'eau (symbole de la frontière ténue entre le bien et le mal, la ville et la campagne). Il sera incapable de remplir son contrat pactisant, car la séquence se déroule en plein jour, dans la clarté la plus totale. C'est la mise en place des éléments qui conduit aux faits des personnages. Si j'avais un synonyme pour qualifier le film, ce serait sublime. GTT