LE TEMPS DES GITANS - 1988

Titre VF LE TEMPS DES GITANS
Titre VO Dom za vesanje
Année de réalisation 1988
Nationalité Yougoslavie / Grande-Bretagne
Durée 2h15
Genre DRAME
Notation 17
Date de sortie en France 15/11/1989
Thème(s)
Gitans (Cinéma yougoslave)
Venise (tous pays confondus)
Alcoolisme et autres beuveries (Autres pays)
Télékinésie (tous pays confondus)
Réalisateur(s)
KUSTURICA Emir
Chef(s) Opérateur(s)
FILAC Vilko
Musique
BREGOVIC Goran
Renseignements complémentaires
Scénario : Emir Kusturica
et Gordan Mihic .....
Produit par Mirza Pasic
Distribution : AAA

Visa d'exploitation : 72 246

Nota :

- Prix de la Mise en Scène au Festival de Cannes 1989 .....
Acteurs
DUJMOVIC Davor
TODOROVIC Bora
ADZOVIC Ljubica
HASIMOVIC Husnija
TRPKOVA Sinolicka
MEMEDOV Zabit
SALI Elvira
KARISIK Suada
HALIM Bedrije
LAKOVIC Predrag
ZULIC Mirsad
REDZEPI Ajnur
DURIC Branko
GREGORAC Marijeta
ZULIC Ibro
RIZVANOVIC Edin
JAGLI Murat
AHMETOVIC Nazifa
ROJAN Saban
REDZEPI Advija
JAGLI Irfan
MAMUTOVIC Albert
JUH Boris
CERIN Emir
DEMIROVIC Julijana
ADZOVIC Jadranka
Résumé

Perhan est un jeune adolescent gitan, doué de surprenants pouvoirs télékinésiques, qui se retrouve loin de sa tribu, à travailler pour le dénommé Ahmed Dzida, un ponte tzigane, qui officie à la tête d'un groupe de mômes mendiants et voleurs. Croyant contribuer à rembourser sa dette envers Ahmed qui est censé payer les frais d'une délicate opération orthopédique de sa petite soeur, Perhan, traumatisé par la félonie de son protecteur et l'infidélité d'Azra, son amie d'enfance, décide de se venger...

>>> Vraiment un grand film !

Bibliographie
- Fiche de Monsieur Cinéma
- Cinéma numéros 458, 460
- Positif numéros 341/342, 345
Critiques (Public)
La musique, les couleurs, les personnages, la composition des images, les mouvements de caméra d'emblée, "Le temps des gitans" nous emporte dans son giron envoûtant. Deux heures et demie plus tard, on en ressort émerveillé et fort ému. "Le temps des gitans", histoire d'amour aux arômes des Balkans, poésie de la terre et du destin, symphonie baroque, est un film-fête halluciné au souffle épique. Qui confirme Emir Kusturica comme un des plus brillants (et mégalos) cinéastes actuels. (D.W.Graphite)

Superbe ! Certainement le meilleur film de l'année. Pour l'ampleur, les personnages, les couleurs et aussi un certain goût de la mystification.

Superbe. Un des meilleurs films de l'année. Acteurs émouvants, chants troublants, scénario onirique par instants qui mêle émotion, tendresse, misère, détresse. Au mot "fin", nous nous réveillons, pincés dans notre conformisme. Et quel amour chez cette grand-mère exceptionnelle.

Stupéfaite de lire combien ce film a plu. Effectivement " Le temps des gitans " ne peut laisser indifférent. Mais face à cet enthousiasme unanime, me revoilà à nouveau perplexe, à savoir, les autres ( en l'espèce les critiques qui m'ont précédée) sont-ils tous, totalement, structurellement, irrémédiablement désensibilisés, ou est-ce moi qui ne suis pas tout à fait normale ? La réussite, ce film la puise dans la force... comment ne pas sortir complètement bouleversé après avoir vu cet "enchaînement" intolérable de la mise en esclavage des enfants, à coups de violences, humiliations, viols... La liste serait longue... Effectivement on a rarement retracé à l'écran un tel drame d'une façon aussi crue. J'aurais pourtant été heureuse de lire quelques réactions plus " tripales ". A moins que la passivité à laquelle nous impose l'écran nous ait complètement déshumanisés au point de se contenter du mot "superbe" après avoir vu un tel film !!!!! MILAN

Milan, vous confondez réalité et romanesque, documentaire et fiction, forme et fond. Les enfants maltraités et autres choses à fendre le coeur, d'accord, mais n'oubliez pas que ce n'est qu'un film... de fiction. Même s'il reflète une certaine réalité, il s'agit avant tout d'un scénario et d'une mise en scène, donc d'une forme, et non d'un documentaire à la cinéma-vérité. Plus gênant dans votre intervention : pourquoi donc cette agressivité, ce ressentiment, à l'égard de ceux qui tout en partageant votre enthousiasme pour ce film fort (vous l'avez oublié) n'usent pas des mêmes arguments ? (wt.)

(JC tu es prié de valider ma réponse à ce meuble deshumanisé qui signe WT., à moins qu'il ne s'agisse du nouveau pseudo. de ... Achille... Même dans ce cas intègre ma réflexion... ou sinon...) Réponse à WT : La frontière précisement tracée entre fiction et réalité est grincante, idéaliste et utopique... Déjà Eisenstein prônait l'expression cinématographique d'un exemple clé, sensibilisant le spectateur, en vu de l'amener vers la thèse de son auteur. Emir Kusturica l'a bien compris, qui a choisi le choc des images pour amener à la dénonciation d'un drame social. Son oeuvre n'est pas de la science-fiction. Son inspiration est la réalité. La force mise dans son expression sous-tend que, mise à part la recherche de l'esthétisme gratuit dans la représentation d'une fiction crue et violente, Kusturica cherchait bel et bien, en touchant la spectateur, à exprimer un message, à dénoncer un sujet tabou dans nos sociétés... l'exploitation et la violence exercée sur des enfants... Il ne me semble pas qu'il s'agisse là ni de sensiblerie, de romanesque ou de pure forme... Il n'ait pas de confusion entre fiction et réalité, mais bien de fusion, de symbiose, le langage cinématographique servant d'expression imagée pour la réalité, la thèse théorique... dans le cas précis où je m'exprime. Ainsi, je DENIE à quiconque que, sous couvert d'une représentation jouée de la réalité, l'on puisse demeurer étranger ou purement amateur d'esthétisme sous toutes ses formes à la vue d'images insoutenables... MILAN

(Re-réponse à Milan) (Sans vouloir par trop accaparer cette rubrique...) 1. Que "la frontière /.../ entre fiction et réalité est /.../ idéaliste et utopique" n'engage, je le pense que vous-même et certainement pas Eisenstein. 2. Que l'auteur veuille sensibiliser le spectateur afin de "l'amener vers sa thèse", il n'est pas besoin de remonter à Eisenstein pour l'affirmer. Ceci est bien le point commun de tous les cinéastes, de Goebbels (grand ordonnateur du cinéma de propagande nazi) à Lelouch, en passant par Fassbinder, Kurosawa et... Kusturica. 3. Que l'inspiration des cinéastes soit la réalité, cette vérité (première) et que nous ne contestons même pas aux "Rêves" de Kurosawa, n'est nullement remise en cause. Mais, à moins de faire une analyse à la "Dossiers de l'écran", c'est-à-dire une analyse qui n'a rien de cinématographique, nous jugeons ici l'art et la manière (la poésie) avec laquelle le cinéaste amène son sujet et non la pertinence même de ce thème ou sa justesse devant Dieu et les hommes. Les moyens employés par Kusturica (rappelons que son film est une super-production américano-yougoslave) dépassent largement le simple "message", même si celui-ci existe. Kusturica n'a jamais fait dans la sobriété (depuis ses premières oeuvres) et, avant un "simple" message, il transmet un style, une poésie et une culture. Je précise, pour terminer, que je ne suis pas prêt à m'engager dans une guéguerre de susceptibilités, que je ne "DENIE" rien à quiconque. Libre à vous, donc, de penser ce que vous voulez, libre à vous de verser dans la sensiblerie, mais de grâce, n'agresser pas des cinéphiles auxquels vous ne faites alors que ternir un plaisir réel et légitime. Cordialement et sans rancune, WT. alias (j'en souris) "le meuble déshumanisé" 14.6.9O