SOLARIS - 1972

Titre VF SOLARIS
Titre VO Solyaris
Année de réalisation 1972
Nationalité Union Soviétique
Durée 2h45
Genre SCIENCE-FICTION
Notation 17
Date de sortie en France 27/02/1974
Thème(s)
Suicide (Cinéma soviétique et russe)
Chefs-d'oeuvre (Science-fiction)
Lem (Stanislaw)
Doubles et bilocation (tous pays confondus)
Cinéma soviétique (1900-1990) (ORIGINE)
Espace
Lévitation (tous pays confondus)
Réalisateur(s)
TARKOVSKI Andrei
Chef(s) Opérateur(s)
YOUSSOV Vadim
Musique
ARTEMEV Eduard
Renseignements complémentaires
Scénario : Andrei Tarkovski
et Frédéric Gorenstein .....
d'après le roman de Stanislaw Lem
Distribution : Cosmos

Visa d'exploitation : 42 272

Nota :

- Il existe une version de 144 minutes .....

- Grand Prix Spécial du Jury, Cannes 1972 .....
Acteurs
BANIONIS Donatas
BONDARTCHOUK Natalia
JARVET Juri
SOLONITSYN Anatoli
GRINKO Nikolai
DVORJETSKI Vladislav
SARKISSIAN Sos
BANIONIS Raimondas
BARNET Olga
KERDIMUN Vitalik
KIZILOVA Olga
MISHARIN Aleksandr
MALYKH Tatyana
OGORODNIKOVA Tamara
OGANESYAN Bagrat
SEMYONOV Yulian
SUMENOVA Valentina
STATSINSKY V.
TEJKH Georgi
Résumé

Kris Kelvin, un savant psychologue, est envoyé sur une station orbitale soviétique qui gravite autour d'une mystérieuse planète liquide, baptisée Solaris, pour rejoindre trois autres cosmonautes tentant de percer le secret de ce monde énigmatique. Sur place, une extrême tension règne sur le satellite artificiel. En effet, un des hommes s'est suicidé, les deux autres n'arrêtent pas de s'opposer et d'incroyables créatures à forme humaine apparaissent de temps à autre dans le vaisseau...

>>> Un pur chef-d'oeuvre du cinéma qui par le biais de la science-fiction propose une aiguë et pénétrante réflexion sur l'homme, sa nature et ses questionnements...

Bibliographie
- Fiche de Monsieur Cinéma
- Télérama numéro 1258
- Cinéma 74 numéro 185
- Saison Cinématographique 1973
- Revue du Cinéma numéro 282
Critiques (Public)
Solaris est avant tout un livre hors du commun. L'étonnant, l'admirable est qu'un cinéaste ait pu le traduire sans le trahir, et ce avec une telle économie de mots. Pour reprendre la formule de Kris Kelvinheros (anti-héros ?) du livre et du film, la disparition de Tarkovski fait que nous risquons fort d'attendre longtemps "le retour des miracles cruels" ..... P.S. : achetez la cassette en VO sous-titrée en ANGLAIS, le sous-titrage français est une abomination qui escamote la moitié des (rares) dialogues ... et relisez le bouquin ! 

Oh, solaris! solaris! solaris! un million de vivas, ce n'est pas assez pour solaris! Pardon de singer ainsi "Dune" (le roman, pas le film; on comprend mieux en lisant le bouquin!) Solaris, c'est le plus beau film sur l'amour que je n’ai jamais vu ! Car il ne parle pas d'autre chose dans ce film, Tarkovski. bien sûr, il évoque la nature humaine, mais l'amour! et de quel façon il en traite! tout est parfait dans ce film! Et la mise en scène, Andrei arrive à faire passer tous les sentiments du monde avec sa camera, par exemple dans cette simple scène du début du film, rencontre et attirance naissante entre un garçon et une fille. Tout est dit en quelques secondes ! et avec quelle simplicité et quel naturel ! Les acteurs sont sublimes sous la direction du maître, servis par des dialogues d'une haute valeur. Natalya Bondartchouk est simplement sublime dans le rôle de Khari. La scène de sa résurrection est d'une puissance d'interprétation exceptionnelle. Les décors sont excellenssimes, aptes à générer l'atmosphère si particulière de ce film. Tarkovski a fait le choix de la beauté : la première image du film dit tout. La musique est excellente aussi, que ce soit celle d'Artemiov, délicieusement étrange, ou le choix du Prélude de Bach qui illumine le film. Solaris, c'est aussi une histoire, et quelle histoire, même si elle n'est qu'introductive au message que veut faire passer Tarkovski. voyez le film ! S'il ne devait en rester que quelques uns, il serait du nombre!

Allons-y gaiement. Lent, interminable, ennuyeux, épuisant, crispant. Voilà le papier peint de cette œuvre hors du commun nécessitant une longue préparation avant l'absorption d'images s'étirant bien au delà d'un seuil de tolérance. "Solaris" est un changement de cap. Un traitement révolutionnaire ne dépendant d'aucune contrainte de rentabilité. L'opus tiré du passionnant roman de Stanislaw Lem étant son royaume à l'aide de scènes ne semblant jamais avoir de fin. Cette nouvelle et surprenante mise à l'épreuve permet à des sens asservis par des productions standards d'être confrontés à des ingrédients complètement neufs. "Solaris" quantifie à son rythme le douloureux dilemme entre un homme pénalisé par un sensitif trop chargé et une planète à la recherche d'une identité pensante qu'elle puise et reproduit sans forcément la comprendre. L'amour, principal garniture du Prométhée, sert de pierre angulaire entre une entité reconstituée à la recherche d'émotions inconnues et un savant perturbé subordonné émotionnellement à une apparition mise en ligne par une planète enfant angoissée par un externe inconnu, déclenchant en interne des comportements désordonnées. Une surface uniquement constituée d'eau quête désespérément une personnalité dans d'incessantes remises en questions, pendant qu'un scientifique récupéré par une virtualité sombre dans la nostalgie, le désespoir et un renouveau impossible. Le contenu dépourvu de scènes chocs laisse la primeur à des visages d'exprimer toute la détresse d'un parcours raté que l'on ne peut recommencer. "Solaris" planète désespérée montre les mêmes symptômes que l'être humain, un besoin impératif de savoir ce que l'on est, avant de savoir ce qui est dans des apparats tristes et mélancoliques. Un chef-d'oeuvre irritant mais novateur. JIPI