LA CHINE - 1972

Titre VF LA CHINE
Titre VO Chung-kuo Cina
Année de réalisation 1972
Nationalité Italie
Durée 2h08
Genre DOCUMENTAIRE
Notation 14
Date de sortie en France 13/09/1973
Thème(s)
Accouchements
Milieu médical (Cinéma italien)
Milieu scolaire (Cinéma italien)
Jeux (cartes)
Milieu rural (Cinéma italien)
Cimetières (tous pays confondus)
Barques, pirogues, chaloupes et autres canots .....
Censure (Cinéma italien)
Marionnettes et marionnettistes .....
Ping-pong
Acupuncture (tous pays confondus)
Documentaires (Cinéma italien)
Cinéma italien (ORIGINE)
Réalisateur(s)
ANTONIONI Michelangelo
Chef(s) Opérateur(s)
TOVOLI Luciano
Musique
BERIO Luciano
Renseignements complémentaires
Scénario : Michelangelo Antonioni
Collaboration et texte : Andrea Barbato

Visa d'exploitation : 41 747

Distribution salles et DVD : Carlotta Films

en bonus :

- "LE REGARD IMPOSE" (le cinéaste Carlo di Carlo évoque les péripéties du tournage et la première projection en Chine) (24 minutes)

- "LA CHINE DE MAO" (le point de vue de Pierre Haski, ancien correspondant du journal "Libération" à Pékin) (26 minutes)

- "RETOURS SUR ANTONIONI, MAO ET L'INFLUENCE DES IMAGES" (un livret d'accompagnement) (34 pages)
Acteurs
Résumé

Documentaire en trois parties, réalisé par Michelangelo Antonioni sur invitation du gouvernement chinois, de plus en plus motivé, pour des raisons économiques et géopolitiques, à s'ouvrir au monde occidental...

1) Premiers tours de manivelle d'un tournage éprouvant et ciblé, au départ de la désormais (tristement) célèbre place Tian'anmen, (40 000 mètres carrés de superficie) lieu privilégié du pouvoir, en tous temps, pour les défilés, les parades et les discours. Suivent de ponctuels aperçus d'un quotidien urbain, entre figures de tai-chi-chuan, pratiquées dans la rue par de simples quidams et traditions / compétitions sportives d'enfants à l'école. Longue séquence d'un accouchement sous acupuncture. Beaucoup de personnes habitent sur leur lieu de travail même, ici un couple occupe un logement dans les locaux d'une filature. Vision de la Grande Muraille avec ses 5 000 kilomètres. Chaque année, les étudiants vont travailler un mois durant dans les nombreuses communes agricoles. Séquence tournée dans la fameuse Cité Interdite...

2) On quitte la capitale et son million de vélos pour la direction de la province du Henan, traversée au nord par le mythique Fleuve Jaune. C'est dans cette contrée essentiellement agricole que furent expérimentées les discutables communes populaires, scindées en brigades de production, chaque brigade divisée en équipes. A noter que tous les travailleurs bénéficiaient d'un petit salaire annuel en argent et qu'il existait sur place certains rares marchés locaux, à peine tolérés par les autorités, en flagrante opposition avec la politique du collectivisme omniprésent. Visite dans la gracieuse ville de Suzhou, avec ses centaines de ponts et canaux, connue pour ses splendides jardins. Virée à Nankin, à 1 200 kilomètres de Pékin...

3) Dernière étape, la ville de Shanghaï, déjà à l'époque la ville chinoise la plus moderne et la plus occidentalisée. Principalement à cause de l'ancienne présence de moult concessions étrangères, surtout européennes. Traversée par le fleuve Huangpi, la cité est une plaque tournante du commerce chinois, en grande partie fluvial, avec ses milliers de péniches, sampangs, jonques, sans oublier les innombrables navires battant pavillons étrangers qui parcourent inlassablement les flots, en aval et en amont de l'extraordinaire mégalopole sans cesse en extension. Pour conclure, nous assistons à un spectacle durant lequel moult artistes dévoilent leur adresse et leur virtuosité... 


>>> Avec de nombreuses séquences tournées discrètement en catimini, à l'insu de leur "guide" attitré les accompagnant durant un tournage qui a duré vingt-deux jours, Michelangelo Antonioni et son équipe parviennent à dresser, un peu contre leur gré et leurs intentions, un portrait à la fois fascinant et angélique d'une Chine aux portes de la modernité. Si nous sommes effectivement éloigné d'une sanctification à la Joris Ivens, on peut tout de même sourire à cette évidente naïveté bon enfant du réalisateur, plus enclin à trouver dans les visages impassibles des milliers de Chinois croisés, filmés, une sorte de bonheur de vivre ancestral, simple, et fruste, plutôt que le reflet de l'insidieux et permanent joug des autorités, éminemment candide pour ne percevoir dans le légendaire mutisme chinois, que sagesse et simplicité, plutôt que l'évidente soumission atterrée aux étouffants diktats de Grand Timonier. Cela n'a pas empêché le film d'être interdit et vilipendé durant des années par les autorités chinoises...
© Cinéfiches.com (Jean-Claude Fischer)

Bibliographie
- Cinéma numéro 181
- Fiche de Monsieur Cinéma
- Ecran numéro 18
- Saison Cinématographique 1974
- Positif numéros 155 et 579
- La Revue du Cinéma numéro 278
- Cahiers du Cinéma numéros 248 et 268
- Jeune Cinéma numéro 73
Critiques (Public)