LA NUIT DU CHASSEUR - 1955

Titre VF LA NUIT DU CHASSEUR
Titre VO The night of the hunter
Année de réalisation 1955
Nationalité Etats-Unis
Durée 1h33
Genre SUSPENSE
Notation 20
Date de sortie en France 11/05/1956
Thème(s)
Chefs-d'oeuvre (Fantastique)
Enfance (Cinéma américain)
Peine de mort
Prisons (Cinéma américain)
Films cultes
Agee (James)
Renards (tous pays confondus)
Oeuvres uniques
Ronflements
Jeux (cache-cache)
Réalisateur(s)
LAUGHTON Charles
Chef(s) Opérateur(s)
CORTEZ Stanley
Musique
SHUMANN Walter
Renseignements complémentaires
Scénario : James Agee
d'après le roman de David Grubb .....
Direction artistique : Hilyard Brown
Distribution : Artistes Associés

Visa d'exploitation : 16 835
Acteurs
MITCHUM Robert
WINTERS Shelley
GISH Lillian
VARDEN Evelyn
GRAVES Peter
CHAPIN Billy
BRUCE Sally Jane
GLEASON James
BEDDOE Don
CASTILLO Gloria
CLEMONS Mary Ellen
CALLAWAY Cheryl
CHAPIN Michael
ALLEN Corey
BRYAR Paul
GARVER Kathy
GRIFFITH James
HAMILTON John
LAVELLE Kay
PALL Gloria
WALLACE George
Résumé

Un inquiétant pasteur prédicateur et profondément misogyne, dont la spécialité est la séduction puis le meurtre de jeunes veuves argentées, apprend par un condamné à mort que mille dollars sont adroitement dissimulés dans son foyer. Seuls ses enfants connaissent le secret de l'envieuse cachette...

>>> Ce poème étincelant et sombre, nous fascine par la beauté éblouissante de sa réalisation, la sensibilité exacerbée de son propos et l'inoubliable puissance de son histoire. Certainement un des dix meilleurs films de tous les temps qui garde religieusement une place à part dans l'histoire du cinéma mondial...

Bibliographie
- Fiche de Monsieur Cinéma
- Avant-Scène numéro 202
- Positif numéros 254/255
- Télérama numéro 747, 332, 1941, 2201, 2263
- Première numéro 169
- Positif numéro 390
- Nouvel Observateur numéro 1554
- Cahiers du Cinéma numéro 60
- Cinématographe numéro 85
- Cinéma numéros 75, 278, 289, 459
- Ecran numéro 17
- Positif numéros 326, 336
- Midi Minuit Fantastique numéro 9
- Positif numéros 389/390 et 623
Critiques (Public)
Ce film qui aurait pu être un chef-d'oeuvre, pêche par le choix de l'acteur principal. Robert Mitchum est en effet pathétique et c'est bien là le drame. Le rôle nécessitait : force, puissance, violence et avidité. On ne peut qu'être déçu après avoir lu le livre. C'est dommage
(JUNON 09-04-1989)

Parabole du bien et du mal, expression de la cruauté humaine, justification de la déontologie des hommes. Le film, servi par un Mitchum pathétique, montre le mal sous de multiples visages et l'incommunicabilité des êtres, la détresse et le désespoir absolu ........

Comment exprimer ce film... !!?!!... somme toute assez malsain dans son histoire par elle-même... !!!!... mais cinématographiquement... une pure réussite... !!!!... "Star Wars"

Un pur chef-d'oeuvre de : réalisation, scénario, jeu d'acteurs, photographie, j'en passe et des meilleures... Un joyau, un véritable fleuron du cinéma mondial de tous les temps... Même Max Pecas est enterré avec un tel film... BACCHUS

Je n'ai pas eu le coeur d'aller vérifier qu'il se trouvait au moins dans la troisième catégorie... prenez-vous volontairement le contre-pied de la critique mondiale en ne citant pas ce film dans les, allez, je dirai, 20 meilleurs films???? Si vous ne l'avez pas visionné, je tiens une cassette à votre disposition!

Ndlr : il est classé dans les 10 meilleurs de l'histoire du cinéma. Je tiens à votre disposition une excellente paire de lunettes. Voir rubrique : "Les incontournables" .....

Ce film est magnifique. Je le regarde régulièrement et je le montre à mes enfants pour qu'ils connaissent le septième art pour l'Art. Il y a de la magie dans cette oeuvre qui doit faire partie du patrimoine mondial de l'art cinématographique. Elimag

Ce film est un pur chef-d'oeuvre et Robert Mitchum est magistral. L'idiot qui a qualifié ci-dessus l'interprétation de ce grand comédien de "pathétique" n'a visiblement rien compris ni au film, ni au jeu de l'acteur !

J'ai vu la première fois ce film il y a plus de 40 ans; j'avais à ce moment l'âge du petit John. A l'époque, je m'étais identifié à lui et avais ressenti des émotions très fortes : détresse de devenir orphelin, peur, colère, chagrin. Depuis j'ai revu ce film au moins 15 fois; j'ai ressenti de nombreuses autres émotions nées de mon expérience. je suis toujours fasciné par l'imagination de certains créateurs et la façon dont celle-ci nous est donnée à ressentir.

Ce film phare est inclassable. C'est l'un des plus beaux, voire le meilleur du cinéma mondial. Incompris à son époque, il est devenu culte avec le temps pour plusieurs raisons : Premier et unique film d'un acteur génial, réalisé hors des normes hollywoodiennes, le scénario ne se plie à aucune régle, mêlant plusieurs genres : du thriller au film psychologique, en passant par celui des terreurs enfantines. Une poésie indéfinissable, aidée par le noir et blanc se dégage de l'oeuvre. Les enfants, Billy Chaplin et Sally Jane Bruce sont intelligement dirigés, comme des acteurs pas comme des singes savants. Shelley Winters, Lillian Gish sont excellentes et Robert Mitchum, acteur déjà exceptionnel est sensationnel, inoubliable. AXEL.

Le noir et blanc sublime et surréaliste de Stanley Cortez, épaulé magistralement par la musique envoutante de Walter Schuman, décore le plus abouti des clairs obscurs cinématographique. La luminosité traversée semble irréelle, calquée sur l'œuvre meurtrière qu'elle abrite. Confrontés à un double challenge crise/traque, John et Pearl deviennent opérationnels et indépendants dans la douleur, en se fabriquant par la résistance, une ossature physique et intellectuelle adaptée à cette poursuite tenace, qu'il faut gérer parallèlement à un besoin de se nourrir, afin de ne pas s'affaiblir. Le procès des adultes est flagrant, une enfance crasseuse, abandonnée par un environnement incapable de lutter devant une crise tenace, se retrouve en pleine nature livré aux environnements les plus hostiles. John devient invincible, malgré un visage cerné, façonné sous une lune flamboyante et une eau scintillante, abritant une faune animale indifférente au désespoir des hommes. Première et unique œuvre de l’excellent comédien Charles Laughton, "La nuit du chasseur" est une émeraude extra-terrestre située sur les alpages d’une contemplation éternelle. Une adoration inconditionnelle, sur un travail hors du commun, que l’éternité ne pourra jamais reproduire. JIPI

Il est assez difficile d'aborder et d'expliquer un film comme "The Night of the Hunter". Sa conception et sa genèse elles-mêmes demeurent assez mystérieuses. Charles Laughton, un des plus grands comédiens britanniques de tous les temps, décide de passer derrière la caméra, en adaptant un roman obscur de Davis Grubb. Si l'on suit le système du classement, on serait embêté puisque l'oeuvre ne se laisse pas facilement entrer dans une catégorie précise. En effet, "The Night of the Hunter" est à la fois un thriller, un conte, une fable philosphique, une comédie, un film fantastique, un film d'horreur, un drame psychologique, une satire de la religion, un road-movie, un film d'aventures, un western. Bref, un film somme en un seul coup. Pourtant, Laughton donne une indication évidente dès le début de son film. Un ciel étoilé d'où émerge Rachel, la protectrice des enfants qui raconte aux enfants tout simplement une histoire. Et quand on sait que Rachel est interprétée par Lilan Gish, autrement dit une des meilleures et des premières grandes comédiennes du muet, ayant été l'actrice fétiche du père de la narration cinématographique (David Wark Griffith), on se dit que l'une des profondes thématiques de Laughton est de combiner toute une culture cinématographique. Donc, en premier lieu, The Night of the Hunter est une oeuvre incroyablement cinéphile, mais sans que les références se fassent lourdes ou forcément visibles. Pêle-mêle, on y sent l'influence de Griffith, de Murnau, de James Whale, de Jacques Tourneur, de Welles, de Ford, de Renoir, de Lang, de Gance, d'Eisenstein et plein d'autres. Laughton tente et arrive brillamment à digérer tous ses grands noms pour donner une oeuvre unique, dans tous les sens du terme. Visuellement, le film est d'une beauté époustouflante, avec une science de la photographie, du cadrage, du placement des décors. Scénaristiquement, le film arrive à aviver une narration harmonieuse, dont la succession émotionnelle est inventive et originale. On passe sans transition d'une séquence comique à une terrifiante, d'un mode léger à un mode terrifiant. C'est un film qui donne une part extraordinairement puissante à ses personnages principaux. Le tueur Harry Powell (un Mitchum génial de bout en bout) est une incarnation de tous les maux du monde. Il représente le fanatisme religieux (qui est notre mal le plus dangereux de notre actualité), la frustration sexuelle (son couteau est un phallus évident), l'absense paternel, l'arrivisme (il poursuit les enfants pour de l'argent), l'usurpation identitaire, le viol fantasmé, le monstre (regardez bien la séquence où il poursuit les enfants dans l'escalier du sous-sol, son allure évoque carrément Boris Karloff dans Frankenstein), l'ombre des ténèbres (beaucoup de plans en contre-jour et des ombres menaçantes), l'incommunicabilité, la manipulation des foules, une société malade. Pour contrecarrer cette inéluctable personnification du mal, Laughton choisit Lilian Gish (extraordinaire), pleine de bonté et d'amour, d'une sévérité toujours bien placée. C'est l'ange tombé du ciel, celle qui a le meilleur rôle puisque c'est elle qui raconte des histoires. Il vaut voir avec quelle intelligence cinématographique Laughton réussit à mettre en scène la dualité entre le Bien et le Mal. Ce sont deux forces qui se comprennent et qui se répondent, qui peuvent être même en osmose comme en témoigne ce magnifique plan où Rachel chante en avant-plan la complainte religieuse qu'entonne Harry Powell, en arrière-plan, "Lean on Jesus". Et entre ces deux personnages totalement symboliques se trouvent John et Pearl, deux enfants innocents dont Powell a rencontré le père (joué par Rupert Graves alias Phelps dans Mission : Impossible), ce même père qui a fournit accidentellement l'adresse du magot. Powell qui a réussi à embobiner la mère pour lui réserver un sort terrible (la séquence du cadavre de la mère sous l'eau a imprégné tous les cinéphiles). Ces orphelins de la route vont traverser des épreuves dont l'influence majeure sera tout de même le conte littéraire. John et Pearl sont deux petits Poucets que l'ogre veut "manger", et ils traversent les rivières (séquence d'anthologie) avec tout un bestiaire dont chaque animal a une signification culturelle. Bref, "The Night of the Hunter" est une oeuvre trop riche et inépuisable. Mon modeste avis ne donne pas justice à ce monument du cinéma, qui restera le seul et unique film de Laughton (aidé par Terry Sanders et Robert Mitchum à la rélisation), mais c'est définitivement une oeuvre à voir ou à revoir indéfiniment. GTT