JEUX DANGEREUX - 1942

Titre VF JEUX DANGEREUX
Titre VO To be or not to be
Année de réalisation 1942
Nationalité Etats-Unis
Durée 1H40
Genre COMEDIE
Notation 17
Date de sortie en France 21/05/1947
Thème(s)
Milieu du théâtre (Cinéma américain)
Chefs-d'oeuvre (Comédie américaine)
Sosies (Cinéma américain)
Shakespeare (William)
Hitler
Réalisateur(s)
LUBITSCH Ernst
Chef(s) Opérateur(s)
MATE Rudolph
Musique
HEYMANN Werner Richard
Renseignements complémentaires
Scénario : Edwin Justus Mayer
d'après une histoire d'Ernst Lubitsch
et Melchior Lengyel .....
Produit par Alexander Korda
et Ernst Lubitsch .....
Distribution : Cinécran

Visa d'exploitation : 5269

Nota : affiche du film d'origine allemande .....
Acteurs
LOMBARD Carole
BENNY Jack
STACK Robert
BRESSART Felix
ATWILL Lionel
RIDGES Stanley
RUMAN Sig
DUGAN Tom
HALTON Charles
LYNN George
VICTOR Henry
EBURNE Maude
HOBBES Halliwell
MANDER Miles
ANDERS Rudolph
BARRETT Paul
BORG Sven-Hugo
CRAIG Alec
CALDWELL Peter
DANTINE Helmut
DENISON Leslie
FINLAYSON James
GILLETTE James
HODGSON Leyland
HYTTEN Olaf
IRWIN Charles
KELLOGG John
LICHO Adolph Edgard
MEREDITH John
MURPHY Maurice
REICHER Frank
REICHOW Otto
RIZZI Gene
SCHUMM Hans
VARNO Roland
VEREBES Ernö
ZILZER Wolfgang
WRIGHT Armand Vincent Curly
POWELL Russ
Résumé

Les tribulations d'une troupe de comédiens, à Varsovie en 1939, interprétant la célèbre pièce de Shakespeare "Hamlet" durant l'invasion allemande de la capitale polonaise...

>>> Un film qui ne vieillit pas et qui garde sa fraîcheur et son humour vivifiant...

Bibliographie
- Positif numéro 292
- Fiche de Monsieur Cinéma
- Saison Cinématographique 1977
- Image et Son numéro 185
- Image et Son numéros 153/154
- Studio numéro 44
- Cinéma numéro 379
- Cahiers du Cinéma numéro 288
- Cahiers du cinéma numéros 290/291
- Libération du 10 mai 1994
- L'Ecran Français numéro 100
- Cinématographe numéros 123, 125
- Positif numéro 627
Critiques (Public)
Adolf Hitler dans les rues de Varsovie au mois d’Août 1939, on croit rêver alors que la guerre n’est pas encore déclarée. "Jeux dangereux" tourné en 1942 valorise l’effort de guerre des métiers du spectacle. Ernst Lubitsch s’y colle sur le fil du rasoir entre drame et comédie. La récupération parodique d’une situation locale désespérée responsabilise la résistance plus ou moins théâtrale d’un peuple conquis dont la moindre habitation est au ras des pâquerettes. "Jeux Dangereux" n’est pas un film de propagande ou d’investissement forcé envers une participation plus ou moins exigée en fonction d’un rapport avec un contexte historique guerrier catastrophique, mais une œuvre de solidarité entre sourires et larmes offrant la possibilité à des techniciens de l’image de s’exprimer par une ironie évitant une sinistre neutralité. Malgré quelques escapades comiques, l’œuvre reste grave en montrant la lutte parfois euphorique et farfelue d’un peuple brisé désirant retrouver sa liberté. Quelques frivolités ne s’exécutant envers l’occupant que pour le bien d’une nation. Ernst Lubitsch a le mérite d’offrir à des contemporains tendus la possibilité de dérider par certains détachements comiques des visages extrêmement préoccupés par les évènements. Charlie Chaplin préférant en rire avait choisi la même piste avec "Le dictateur" permettant à un peuple reclus de muscler sa force envers une domination par le courage et la dérision. Le pouvoir des images ayant pignon sur rues, il est possible de manipuler l’histoire, d’en changer le cours, de ridiculiser des pouvoirs destructeurs et de faire triompher la justice dans une pseudo bonne humeur entretenant les principes d’un réalisateur aux messages festifs mais toujours responsabilisés. JIPI

19/20 : Découvert en dvd en juillet 2011. Un film brillant, osé pour son époque même si fabriqué en exil. Tout comme avec Chaplin dans un registre apparenté, on rit de la monstruosité nazie transposée en dialogues américains, l'accent guttural, le pas de l'oie, le fameux "Heil me" !... Et pourtant cette oeuvre si fine en même temps qu'elle arrache rire sur rire (on ne se lasserait pas d'entendre "Schulz !"), donne aussi envie de pleurer : par identification, en mesurant la souffrance rentrée d'Ernst Lubitsch avant d'avoir pu le mettre en images tout comme l'impuissance d'un peuple visé une fois le chaos installé, qui ne permet plus le libre arbitre en forçant au bipartisme, au patriotisme puis au fanatisme. Une comédie contemporaine rappelant l'éternelle négation de certains groupes humains au nom d'une seule légitimité instillée à la faveur de la misère par une poignée de fous. L.Ventriloque