MORT A VENISE - 1971

Titre VF MORT A VENISE
Titre VO Morte a Venezia
Année de réalisation 1971
Nationalité Italie
Durée 2h10
Genre DRAME
Notation 18
Date de sortie en France 28/05/1971
Thème(s)
Venise (tous pays confondus)
Homosexualité masculine (Cinéma italien)
Cinéma italien (ORIGINE)
Mann (Thomas)
Epidémies (choléra)
Sabliers (tous pays confondus)
Réalisateur(s)
VISCONTI Luchino
Chef(s) Opérateur(s)
DE SANTIS Pasqualino
Musique
BEETHOVEN Ludwig Van MAHLER Gustav MOUSSORGSKY Modeste GIL Armando
Renseignements complémentaires
Scénario : Luchino Visconti
et Nicola Badalucco .....
d'après le roman éponyme de Thomas Mann
Distribution : Warner - Columbia

Visa d'exploitation : 37 297
Acteurs
BOGARDE Dirk
ANDRESEN Björn
MANGANO Silvana
VALLI Romolo
BURNS Mark
RICCI Nora
FABRIZI Franco
BATTAGLIA Luigi
BERENSON Marisa
GARFAGNOLI Sergio
ANDRE Carole
CRISTOFOLETTI Carlo
FRENCH Leslie
PREDIT Masha
VANDERS Bill
TULLI Marco
BONINI OLAS Marcello
APICELLA Antonio
DAREL Dominique
POMPILI Mirella
AXEN Eva
Résumé

Dans une Venise croupissante, infestée par le dévastateur virus du choléra et l'écroulement d'un siècle, un compositeur vieillissant et désabusé découvre lentement l'attirance et la fascination pour le jeune Tadzio, un bel adolescent blond et charmeur...

>>> Désirs inavouables, travestis sous le masque protecteur de l'esthétisme et de la rigidité morale ambiante; un film difficile qui risque fort de rebuter le spectateur par la volontaire lenteur de son déroulement et l'académisme apparent de sa réalisation...

Bibliographie
- Positif numéro 130
- Fiche de Monsieur Cinéma
- Télérama numéro 1117
- Cinéma 71 numéros 157 et 159
- Télé-Ciné numéros 171, 172 et 174
- Cahiers Cinéma numéros 233-234/235
- Avant-Scène numéro 116
- Saison Cinématographique 1971
- Revue du Cinéma numéros 251-257
- Jeune Cinéma numéro 186
- Télérama numéros 1117-2223-2160
Critiques (Public)
A sa sortie, ce film provoqua un véritable scandale. Attirance pour un adolescent, donc dans les esprits, homosexualité. Homosexualité?!!! Mais les gens n'ont rien compris au film alors. La recherche de la beauté sous toute ses formes, la beauté inaccessible d'ailleurs, puisque le héros meurt à la fin. Le choléra? C'est un prétexte. « Mort à Venise » est l'un des plus beaux film dans toute l'histoire du cinéma. Et Visconti l'un des plus grands metteurs en scène. MATHILDA 17 ANS.

"Mort à Venise" est un des plus beaux films au monde et Visconti, un génie. Les amateurs de "Autant en emporte le vent" devraient regarder ce genre de film plus souvent ....... Cela les rendrait, peut-être, intelligents .....

Lorsque l'on donne une critique constructive d'un film, il faut se débarrasser de ses préjugés. Ceci étant fait, à certains égards, il apparaît que les spectateurs d' «Autant en emporte le vent » sont les mêmes que les spectateurs de « Mort à Venise. »

J'aime "Autant en emporte le vent". J'adore "Mort à Venise"; il n'ya pas de contradiction, car je ne suis pas monolithique .....

« Mort à Venise », çà y est tout est dit dans le titre, il est mort ..... J'ai trouvé ce film très très nul, quelque chose a dû m'échapper JRT

Ok le film est extraordinairement beau (merci le chef op) et après? S'il y a quelqu'un qui peut m'expliquer de manière intelligente (c'est à dire sans employer des superlatifs à tout bout de champ) ce film, qu'il le fasse. Parce que moi, il m'a laissé froid. Pour la peine, je vais aller me réchauffer en regardant "Pickpocket" de Bresson (çà c'est du cinéma, et en plus, Lulli c'est mieux que Mahler) KANEDA

Justement, on ne peut pas "expliquer" « Mort à Venise ». C'est un film où tout se ressent dans l'atmosphère, la musique, la séduction exercée par décors, personnages, rythme énigmatique, et atmosphère funèbre. On y est sensible ou pas. Moi j'adore et je considère ce film comme un réel chef-d'oeuvre (ce qui ne m'empêche pas d'aimer « Autant en emporte le vent » et « Pickpocket » malgré ma préférence pour Mahler...) N.R
L’âge de toutes les découvertes et de tous les émois fixe sans détour un visage usé, en plein doute, inquiet, solitaire venant quêter une inspiration incertaine, dans une ville suffocante, associant beauté et laideur dans de mauvaises odeurs persistantes. La beauté est une abstraction des sens, elle se traque désespérément dans des notes de musiques aux combinatoires mathématiques infinies, alors qu’elle s’abrite sous les traits d'un adolescent presque androgyne, insouciant masquant une sureté de soi dans des jeux de plages basiques. L’artiste bouleversé par une pulsion émotionnelle soudaine s’émiette lentement dans des perceptions naviguant entre homosexualité refoulée et contemplation au bord de la syncope.. La perfection n’est plus sur une toile ou dans un son, elle est blonde et masculine. Provocatrice, elle se laisse admirer en s’ajustant au regard d’un intellectuel au portes de la vieillesse éveillé, par une sublime apparition de chair et de sang remettant en question l’approche d’une beauté considérée comme impalpable, si elle n’est pas en rapport avec les arts. Lent et peu bavard, "Mort à Venise" accompagné de la somptueuse et désespérante musique de Mahler, touche par la grâce un personnage hautain, contemplatif, éloigné d’un site de vacances déroulant ses procédures internes communicatives jugées dérisoires et sans âmes par un intellectuel en quête de la révélation suprême. Un film extraordinaire, magnifique, sensitif à l’extrême sur l’emprise des sens et son mécanisme d’aliénation et de destruction, s’acharnant impitoyablement sur une machine à penser déclinante, complètement périclitée par une image sublime, qu'elle ne peut saisir que par l'extase. JIPI