LA ROUE - 1920

Titre VF LA ROUE
Titre VO
Autres titres VF LA ROSE DU RAIL
Année de réalisation 1920
Nationalité France
Durée 5h05
Genre MELODRAME
Notation 20
Date de sortie en France 17/02/1923
Thème(s)
Musique et musiciens (Cinéma français)
Rêves et cauchemars (Cinéma français)
Montagnes (Cinéma français)
Chefs-d'oeuvre (Mélodrame)
Carnaval (tous pays confondus)
Prix "Cinéfiches" des meilleures interprétations
Chefs-d'oeuvre (Muet)
Trains et gares (Cinéma français)
Cécité (Cinéma français)
Inceste (Cinéma français)
Adoption (Cinéma français)
Impressionnisme français (avant-garde)
Films d'une durée égale ou supérieure à 4 heures (tous pays confondus)
Réalisateur(s)
GANCE Abel
Chef(s) Opérateur(s)
BUREL Léonce-Henri
Musique
HONEGGER Arthur SOSIN Donald
Renseignements complémentaires
Scénario : Abel Gance
Assistant-réalisateur : Blaise Cendrars .....
Montage : Marguerite Beaugé
et Abel Gance .....
Version initiale : plus de 8 heures

- Prix "Cinéfiches" (Meilleure Interprétation) pour Séverin Mars .....
Acteurs
MARS Séverin
CLARY Gil
CLOSE Ivy
DE GRAVONE Gabriel
TEROF Georges
MAXUDIAN Max
MONFILS Louis
DUGAST Geo
MAGNIER Pierre
Résumé

Une catastrophe ferroviaire. Le cheminot Sisif adopte une petite enfant, Norma qui vient d'échapper à l'accident dans lequel sa mère n'a pas survécu. Harmonie et bonheur en compagnie de son jeune fils Elie, du même âge. Les annees passent. Notre mécanicien-chef devient irascible, alcoolique, nerveux : ses sentiments pour sa fille adoptive sont loin d'être que paternels. Il est pourtant obligé de laisser "celle" qu'il aime à l'ingénieur De Hersan. Un jour, Elie apprend qu'elle n'est pas sa soeur...

>>> Une merveille du 7eme Art, inoubliable, géniale et unique, dont hélas la plupart des (rares) projections sont tronquées, raccourcies, amputées. Une excellente version DVD est désormais disponible, projetée au Festival du Film Muet de Pordenone...

Bibliographie
- Fiche de Monsieur Cinéma
- Les Cahiers de la Cinémathèque numéros 33/34
Critiques (Public)
Voir la version "intégrale" de ce monument du cinéma est une gageure et une chance dont peu de cinéphiles pourront se vanter. Grâce a une parfaite restauration de la Cinémathèque Française et une programmation idéale du "Maillon" de Strasbourg dont le responsable "cinéma", Monsieur Patrice Muller, dévoué corps et âme au 7e Art, ce bonheur put être partagé avec une centaine de spectateurs, un dimanche 25 novembre 90 durant 305 minutes inoubliables ... accompagnés d'une partition musicale improvisée au piano par le toujours excellent André Litolff ..... CINEFICHES

Abel Gance se mérite. Abel Gance, un de ces monstres de générosité qui a l'art de vous parcourir et de vous aspirer tel un marécage. Je veux parler de cette force, qu'ont les marécages, de vous prendre, malgré vous, encore et encore, jusqu'à ce que vous ne vous appartenez plus, corps et âme. Peut-être comme ces (trop rares) orgasmes qu'il est possible d'atteindre, à la seule vision de quelqu'un. Lorsque vous pensez qu'il va vous abandonner là, avec cet infâme mot "FIN", il vous emmène à nouveau dans "la lumière du crépuscule", "du soir" "au lendemain" (la roue vous fait tourner la tête durant plus de cinq heures). Elle ne vous laisse pas de répit. C'est Gance qui vous mène et vos censures, vos résistances et vos ricanements (toujours défensifs) ne prendront en aucun cas le dessus. Sisif, le mécano, piqué par l'épine de la "Rose du Rail", la belle Norma, orpheline, sait aussi parler et écouter les locomotives comme les "Gens de l'Eau" savent le faire à l'égard de leur péniche, cet écrin d'acajou et de fer. D'ailleurs seuls ceux qui ont su toucher de près, ces matières vivantes, peuvent saisir intimement cette dimension. Sisif le mécano, le prolo du rail et sa "Rose du Rail" vous enivrent au plus profond et au-delà de vos sens qui ont perdu l'habitude, mais aussi l'occasion de vous laisser aller, haler, par la pointe du coeur. Des Raimu qui parlent à leur femme par l'intermédiaire d'un chat et des Sisif qui caressent leur loco et qui les aiment comme des femmes, ce n'est pas tous les jours qu'on a la chance de les caresser du regard. Dommage. Merci Monsieur Gance pour ces troublantes turbulences. DENISE VOGELEISEN