LE PROCES - 1962

Titre VF LE PROCES
Titre VO The trial
Autres titre VO Il processo
Année de réalisation 1962
Nationalité France / Italie / Allemagne
Durée 1h54
Genre DRAME
Notation 19
Date de sortie en France 21/12/1962
Thème(s)
Kafka (Franz)
Bourreaux (tous pays confondus)
Représentant(e)s du culte (Cinéma français)
Réalisateur(s)
WELLES Orson
Chef(s) Opérateur(s)
RICHARD Edmond
Musique
ALBINONI Tomaso LEDRUT Jean
Renseignements complémentaires
Scénario : Orson Welles
d'après le roman éponyme de Franz Kafka .....
Distribution : UFA

Visa d'exploitation : 26 116

Nota :

- Les rôles tenus par Roger Van Doude et Katina Paxinou ont été coupés au montage .....
Acteurs
PERKINS Anthony
MOREAU Jeanne
FLON Suzanne
MARTINELLI Elsa
SCHNEIDER Romy
TAMIROFF Akim
ROBINSON Madeleine
LEDOUX Fernand
WELLES Orson
LONSDALE Michael
FOA Arnoldo
HAHN Jess
KEARNS Bill
DELFOSSE Raoul
STUDER Carl
REMOLEUX Jean-Claude
TEYNAC Maurice
HOLTZMANN Thomas
SHORE Maydra
REICHMANN Wolfgang
HAUFLER Max
PAXINOU Katina
VAN DOUDE Roger
BUCHSBAUM Max
CHAPPEL William
Résumé

Joseph K. quidam dans une grande administration reçoit un beau matin la visite de deux policiers qui lui notifient son état d'arrestation. Accusé de quel crime ? Il tentera vainement de comprendre ce qu'on lui reproche alors même que ses proches et ses collègues semblent invariablement s'éloigner de lui...

>>> Inestimable bijou du 7eme Art qui retraduit avec talent l'atmosphère absurde et glauque du célèbre roman éponyme de Franz Kafka. Avec en prime, une sublime interprétation d'Anthony Perkins dans le rôle de K. qui tire à la névrose et au génie...

Bibliographie
- Fiche de Monsieur Cinéma
- Télérama numéros 642, 678 et 1207
- Cinéma 62 numéros 71 et 73
- Avant-Scène du Cinéma numéro 23
- Image et Son numéros 159 et 272
- Cahiers du Cinéma numéros 101 et 141
- Fiche Télé-Ciné numéros 109 et 110
Critiques (Public)
Je veux bien croire que c'est un bon film, mais de là à dire qu'il "retranscrit" l'atmosphère du roman de Kafka, c'est avouer ouvertement que l'on n'a pas lu le roman... 

Ndlr : libre à vous de ne pas avoir perçu dans le roman de Kafka, une "atmosphère glauque et absurde" au-delà de la farce et de l'angoisse existentielles et de la dénonciation d'une bureaucratique oppressante .....

"Porter des chaînes est parfois plus sûr que d’être vivant" K est ciblé, laminé puis éliminé par un ou plusieurs pouvoirs anonymes munis de forces destructives broyant un organisme de défenses, harcelé par des interrogatoires uniquement basés sur l’auto persuasion d’un mal en soi. Le complexe de culpabilité s’entretient dans des décors démesurés. Un processus d’extermination comprime un homme dans des pièces basses de plafonds pour soudainement le projeter dans des salles gigantesques robotisées ou accusatrices jumelées à un adagio répétitif. Il faut atteindre péniblement des tribunes surélevées. Côtoyer des créatures offertes sur des tonnes d’archives servant de support d’étreintes. Encaisser de soudains revirements incohérents. Se miniaturiser dans un péplum architectural archaïque ou moderne. Survivre à la claustrophobisation d’une pièce exiguë scrutée par des regards adolescents joueurs et moqueurs. S’enfuir terrorisé dans des passages criblés de raies de lumières. Soutenir l’impossibilité de communiquer à travers une baie vitrée. K endure son Golgotha dans un cauchemar de dominances et de soumissions en alternances. Certains tyrans se retrouvent tyrannisés par leurs propres systèmes. Les femmes s’offrent sans tarder, puis congédient rapidement. K perd pied en s'enfonçant dans le royaume le plus redoutable: l'incompréhension. L'acharnement administratif procédurier fait rage, l’incohérence, le rabaissement continuel par un geste éprouvant autant qu’inutile lamine un visage de plus en plus décomposé. L’escalade est prescrite afin de se disculper devant des accusateurs lubriques entretenant une paranoïa individuelle par un pseudo procès susceptible de toucher n’importe lequel d’entre nous. Le système n’a pas la maturité de s’apercevoir qu’en pulvérisant une ressource il se dynamite de l’intérieur. Orson Welles, cinéaste surdimensionné en lui-même et dans son œuvre, offre un travail exceptionnel. "Le procès", opus de référence d’un noir et blanc indispensable à sa valeur, livre des clairs obscurs magnifiques. Certains plans extérieurs d’une luminosité blafarde offrent des brèches contemplatives étonnantes. Un processus de démolition cauchemardesque, calibré dans une technique contenant quelques pépites de "Citizen Kane", font de cette merveille paranoïaque un esthétisme baroque de premier ordre. "Le procès" œuvre maîtresse d’un technicien hors pair déploie les vérités d’un visuel déprimant mais terriblement accrocheur, presque attirant. JIPI

16/20 : Généralement rebutée par les incessantes contre-plongées de Welles, j'admets qu'elles vont à ravir à cette adaptation du Procès de Kafka. On est servi en profondeur de champ, en portes démesurées et en espaces labyrinthiques. Y pullulent les sautes d'humeur, litanies doucereuses autant que sadiques, bref, on reconnaît le brillant technicien à ses petites manies. Acteurs tous au sommet de leur art tant ils sont bien mis en valeur, si l'on excepte les papillons qu'y sont les femmes. Fracassante entrée de Romy Schneider éclatante de jeunesse et d'espièglerie avec ses doigts palmés. Madeleine Robinson et Jeanne Moreau percutantes aussi, et puis cette autre à voix sensuelle qui terrasse, pfff... toutes évaporées. Seul continue de s'agiter le présumé coupable (Anthony Perkins, on s'identifie tout de suite) et les ombres de ses observateurs dont Welles lui-même, dans son lit. C'est esthétique, assez éprouvant, chargé plus que de raison, adaptable à n'importe quel totalitarisme, y compris celui-que nous vivons présentement au plan mondial avec "TINA"... Y manquerait juste à mon goût, dans le dédale d'effets non-stop, davantage d'émotion. L.Ventriloque